As busy as a bee 🐝

Ô fleur que tu as de longs crocs. C’est pour mieux te biser mon enfant. Ô fleur, j’ai comme un doute, tu ne sembles pas très accueillante. J’ai simplement faim ma petite dondon, la nature m’a créée carnivore. Ô grande bouche, je veux bien te régaler de mon nectar, mais pas de ma chair ! ça roule boulette , envoie chacune de tes récoltes dans ma bouche, et chaque fois que tu le feras je t’offrirai mon pollen. Tope là :  marché conclu !

Tiago-Hoisel-9Et depuis leur copinage insolite,  floricole abeille est carnivole et carnivore fleurette floricore !

Les mœurs meurent, les us et coutumes prennent la clef des champs !

La main d’or !

Elle est arrivée je ne sais comment chez moi. Elle a doucement claqué des doigts. Elle était si gentille que je l’ai adoptée. Et puis, j’ai eu une copine, alors pour un oui et pour un non, elle m’a réclamé.  Mademoiselle a désiré à tout bout de champ que je la soigne du bout des ongles jusqu’au poignet : je suis devenu un manucure expert.

Et, un jour, elle m’a confié dans un poignant poème que je la négligeais. Elle m’a demandé davantage de soins. Amusé, j’ai cédé à son jeu. La situation s’est considérablement dégradée avec ma compagne. Me surprenant une nuit mangeant dans la paume de la main, elle m’a claqué avant de claquer la porte.

Ma douce main me comble, et puis au moins elle, elle ne parle pas, ne crie pas, ne rechigne pas à nettoyer, cuisine et joue de la basse à merveille. Elle a gagné haut la main toute mon affectueuse admiration !

Vais je lui demander sa main ?

Allô, olé, hello !

Mes loupes sur le nez, sans, de très près,  je ne vois gouttelette, mais un halo, je me mire dans la glace et flac ! je prends une douche froide. Un peu dégoûtée par la cascatelle de ridules qui ondulent sur ma figure,  je plonge dans le méli-mélo de mon cerveau. C‘est clair comme de l’eau de source, je chute dans la mare aux canards coriaces. Le vague à l’esprit, devant cette fuite de ma fraîcheur, je verse une larmichette.  Puis, je noie mon regret dans un bain musical et je sors la tête de la baille. Je ne divaguerai pas comme une barque à la dérive, ô non, et tant pis si je découvre pas la lotion pour défroisser ma vieille peau, j’en ferai mon lot…jusqu’à l’au delà.  

Et, après demain, je retourne à l’école jusqu’à fin juin, pour une formation intensive d’anglais (gracieusement rémunérée par pole emploi ) je vais redevenir une chipie chahuteuse qui copie sur ses voisins !

Devant ce ricochet,  je me déride ! 

Ah ! ce vin qui ne laisse pas de bois !

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Du fabuleux vin a coulé dans nos verres, nous avons arrosé plus que de raison nos têtes de bois !

Nous avons parsemé à travers la forêt nos braiments d’hommes ayant malmené leurs foies, pas de bois.

Alertées par ce tintamarre, deux sentinelles aux abois ont tout à coup surgi en bramant, du fond des bois.

Secouant moqueusement leurs bois, elles nous ont menés jusqu’à une source,  y rafraîchir nos gueules de bois !

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L’escapade

Vénus et Mars se plaisent depuis la nuit des temps, depuis des milliards d’années les deux planètes s’attirent comme des aimants. Par une jolie nuit de mai, embrasés de gaieté, les tourtereaux prennent la clef des champs de la voie lactée, pour un tête à tête en amoureux, un petit dîner aux étoiles, dans la proche galaxie d’Andromède.

Le matin venu le soleil, de son œil ardent de lynx, les repère. Il prévient le géant Jupiter de cet écart de conduite, un Jupiter, maître de l’ordre, qui  s’empresse de réorganiser le système perturbé de l’astre. Aidé de  Saturne, Uranus, et Neptune il attire les fuyards dans les mailles du filet d’une nébuleuse obscure.

Ramenés dans le droit chemin, les amants reprendront, en solitaires, leur tour routinier du soleil , se promettant en secret une très prochaine autre fugue céleste.

Sucrerie enrobée de bubblegum

Le concert des « Révoltés du Bounty » dans un bar de Mars se termine lorsqu’un sifflet sur son smart phone « Mon Chéri,  rejoins moi à Cambrai  pour des bêtises«  fait vibrer son cœur.  » Bon, bon ! j’arrive ».

Tel un lion en rut, dans sa fusée, ultra plus performante qu’un mistral gagnant, il fonce chez celle qui, pas culcul la praline, ne l’invite jamais pour une soirée à la gomme  Carambar ! tu te caches où ? crie t’il pour couvrir le rock de Reg’Lyss et les miaulements du chat « Mallow ».

A peine vêtue d’une tenture transparente violette, aussi blanche qu’une pastille vichy, son angélique Annie a l’air alléchant d’une sucette à l’anis qu’il couvre de bisous,  » Ta barbe à papa de vieux malabar me manquait tant, mon roudoudou, que j’ai eu un mal terrible dedans  » .

S’ensuit une partie de tagada tsoin tsoin, très loin d’être de la guimauve …

Des collages

Il y a maintes façons de s’évader de la réalité et, chacun, selon ses goûts mais aussi et surtout les moyens du bord, peut en décoller!

Dans ce premier décollage le SDF part comme une fusée, devant des copains envieux de son sort!  

Dans le second, le mauvais rêve est une douceur musicale et printanière ! 

Le troisième proposé par Gong nous emporte sur sa planète !  

Il existe tant et tant de façons de décoller …à chacun les siennes

Les embiobinés

Hippolyte HantgenL’une des plus chics tendances de la fin de notre siècle, chez les « Biobios », sera , entre autres bios farces, de se laver  cheveux et corps avec une mixture composée d’un mélange de plantes et d’animaux bios, d’ultimes forêts bios, cultivés, élevés par des autochtones bios (parqués dans des réserves bios) qui  sera présumée faire pousser tignasses et idées à une vitesse grand bio : Mixture vendue dans des flacons en bois, sculptés par ces autochtones à l’image des bestioles sacrifiées pour les beautés et intellects des biobios.

Cette nouveauté aura un succès fou chez eux, bien que décriée par les amis des animaux, considérés comme des attardés cinglés.   Le suprême raffinement sera d’acheter la bête empaillée bio, remplie de l’onguent, qu’elle crachera dans un cri bio-tonique sur les biobios extasiés, cri censé bionifier leurs cerveaux biofilisés.