ça balance joliment

Si tu t’approches le soir tombé de ce jardin , là , en face, me dit mon amie, tu verras une balançoire danser quelques petites minutes.

Au coucher du soleil, comme sous l’effet d’un souffle nostalgique, elle tangue, puis s’arrête pile net. Personne ne la pousse, personne n’y est assis. Elle flotte seule. Si tu tends bien l’oreille tu entendras aussi une mélodie swinguante accompagnée d’une douce voix.

Depuis que la jeune femme qui habitait la maison est partie rejoindre un amoureux volage , son souvenir la berce le temps d’une chanson. Elle l’attend en se balançant…

j’y suis allée, j’ai vu , entendu

Génération robots

L’espèce humaine qui a toujours débordé d’un infini amour pour ses semblables et ses amies les bêtes, ne sachant plus à qui offrir son altruisme, créa (en plus d’humanoïdes esclaves travailleurs ) des humanoïdes esclaves sexuels … « fabuleux » objets de plaisir.

Mais, dans le flot de robots nouveaux nés se trouve heureusement Lolo ! un petit dernier rigolo , inventé non pour ou par de vieux ou jeunes pervers, mais imaginé de toute pièces par une géniale fillette en manque de sourires.

Une petite fille triste dans un monde de robots humains ne pensant plus qu’à l’argent et au sexe, un monde qui perd amour et humour. Lolo et ses frangins et frangines humanoïdes rendront ils au monde sa joie de vivre ?

Honni Ric !

Moi Ric, chimiste philanthropique totalement méprisé, j’ai inventé pour m’évader d’un monde devenu détestable une boite à rêves strictement réservée à mon usage.

Avant de plonger dans le sommeil, j’y choisi, selon mon humeur , un ou plusieurs petits papiers aux multiples couleurs imbibés d’huiles essentielles de ma composition, imprégnées de mes désirs les plus intimes, que je respire profondément : les rouges me transportent dans des songes voluptueux, les bleus dans d’inexplorés abysses, des voyages interstellaires, les verts dans des contes féeriques, les jaunes dans de souriants épisodes printaniers…

Mais, avide d’insolites aventures j’en abuse !  

Et je m’abuse. L’addiction a envahi mon cerveau, je vis jour et nuit dans la fiction. Peut être devrais je créer des papiers imbibés de réalité avant qu’elle ne me rappelle brutalement à elle, avant de devenir un asocial doublé d’un illuminé ?

le repos du guerrier

Je rentre dans mon pays natal, après tant d’années. Jeune, désœuvré, paumé, je m’étais engagé dans la légion. Je rentre le cœur sans joie. Personne ne m’attend. Je bois au bar avec d’autres passagers désaxés. Ivre, presque mort, je m’endors par terre.

Terminus ! le train stoppe au milieu de nulle part. J’ai raté mon arrêt, la machine est vide. J’en descends. L’endroit est désert, pas âme qui vive, seulement moi qui traîne un corps fatigué sur son unique patte. Diable que le soleil tape ! derrière un bâtiment en ruine, un horizon de sable fume sous la chaleur d’enfer. Je n’ai pas d’eau. Ma sueur coule goutte à goutte. Je bois à petites gorgées ma fiole de whisky. Je me fais un rail. Étourdi je flotte. Fébrile, mon cerveau s’active…

Et, soudain de petites fées débarquent.

Elles m’emportent vers les étoiles, à des millions d’années lumière de cette gare où j’ai bien failli crever.

La ville volante

Une ville bâtie de pierres passe dans le ciel

où va t-elle ?

Pour se reconstruire elle s’est évadée de son passé

débarrassée d’encombrants qui la détruisaient

à la recherche de bons et beaux vivants.

Puis repeuplée d’esprits sains qu’elle nourrira de sa belle terre

elle disparaît avec ses nouveaux enfants

 légère …

Mygalomanie 🕷️

spider_woman_by_andrew_robinson-Suspendue entre deux fenêtres d’un building elle scrute d’un regard perçant le trottoir. Un homme y passe. Accrochée sur son échelle de soie, elle glisse le rejoindre. Figé devant son étrange beauté il l’admire bouche bée. Elle se transforme en une fraction de seconde en mygale géante, d’un baiser sur les lèvres coupe ses cris, l’emmaillote dans son filet à provision tout juste tricoté, le remonte jusqu’à son repaire, pour le ranger sous vitrine en compagnie de dizaines d’autres spécimens de la race humaine qu’elle collectionne passionnément …

Puis elle se tire le portrait à coté de sa proie, photo qu’elle publie illico sur la toile : sa page Facebook …

l’Appel du Cœur 💞

corazon-arcoSi le cœur t’en chante, ouvre le tout grand que le mien s’y abandonne. Je me glisserai jusqu’à son fond sans le blesser, je te le promets. Je l’enchanterai, je le ferai battre d’extase. Offre moi ses secrets je t’offrirai les miens. Entrelacés Ils se raconteront des histoires de rêve,  des psychés délices à n’en plus finir …

Des jardiniers aux grandes pelles

Tiego Hoisel

Nul ne sait qui ils sont, tout ce que l’on sait c’est que malgré leur air assez rébarbatif, les fleurs éclatantes épanouies sur leurs tendres carapaces désarment toute agressivité envers eux, hormis celle d’irréductibles imbéciles, qu’ils mordront sans autre forme de procès. L’émouvant cadeau parfumé de sérénité offert par ces gentils monstres ne peut que faire réfléchir d’autres monstres, vilains eux.

Et comment diable font ils pousser leurs fleurs ricanent ces insensibles à la beauté du geste ?  grâce à un engrais sécrété par leurs généreux esprits grands ouverts au bonheur. C’est aussi simple que la naissance de la vie sur terre ou ailleurs…

un effet bœuf

Il est descendu tout schuss de la grande ourse.  Il a commandé, sans kalachnikov, un bœuf Stroganov.

Le snack n’avait pas assez de barbaque. Piano piano il a glissé jusqu’au Mac Do qui l’a dépanné d’un container de hamburgers lyophilisés périmés. Il les a avalés. Il a eu des secousses, a pété un câble. Ses antennes ont appelé à la rescousse. Un ratrak peu affable l’a poussé jusqu’à la casse. Il y a dormi comme une masse. Le lendemain encore capable, il s’est trainé jusqu’à une table d’hôtes. Il y a réclamé du bœuf à la mode. On le lui a servi, accompagné d’herbes locales. Le moral retapé, il est reparti sans hic, se taper un bœuf avec ses potes métalliques.

Délégué du guide des restaurants pour voyageurs intergalactiques, il a envoyé au restaurateur des étoiles de son cœur  …

Moralité, ne restons pas jamais d’acier devant un étranger, on a tout a y gagner  :mrgreen:

Des souris et des femmes

Francesco Francavilla

Le jour Pussy  féminine  jusqu’au bout des ongles joue avec de petites souris de ses amies,  la nuit Pussy féline  jusqu’à la pointe des griffes joue au chat et à la souris avec des chauves souris envoûtées par le son de ses cordes métalliques. Elle ne les croque ni vivantes ni même cuisinées, mais les regarde virevolter. Une fois les souris volantes hypnotisées par ses yeux dorées, elle les saigne délicatement, puis de sa langue de velours colmate leurs plaies.

L’élixir embouteillé, lui donne ainsi qu’à ses amies , une vitalité du tonnerre des sorcières.