Sur la corde raide

Furieusement entiché d’un danseur de cordes, un être de noir vêtu le suit à la trace sur son chemin de fer, pour l’emporter dans sa caverne. A la va-zon-zy ! clame la tailleuse de vies, tu vas filer avec moi un super coton , chéri. Inflexible, l’équilibriste donne du fil à retordre à l’amoureuse furie la battant à plate couture.

Dégage ! crie t-il excédé outre mesure par les gestes décousus de la faucheuse qui radote de plus belle.

Coupez ! vocifère t-elle s’empêtrant dans sa robe pour se casser la bobine sous les yeux d’un public mort de rire. Rembobinez !

Que nenni  harpie …

C’est ainsi que l’affreuse se débina, sa faux entre les jambes, de la vie du funambule,  vainqueur de la danse …

l’étoile endormie

Que fait elle figée sur ses pointes de pieds dans cette grotte perdue au bout de l’océan méconnu de cette planète sauvage ? émerveillé par cette inexplicable vision de rêve, d’une autre époque, d’un autre monde, un cosmonaute du futur recueille à son bord la ballerine plongée dans une profonde léthargie. Réveillée, elle prononcera quelques mots dans une langue oubliée du commun des mortels, dansera une courte minute pour retomber dans sa torpeur …

Ramenée sur terre, un délicieux (clic) Pavlova  la sortira t-il de son sommeil sans fin ?

Chères poupées de chair

Salut mes petits, alors on s’amuse bien chez moi, hein ! Nourris, logés, blanchis, vous y mènerez une vie de château. Vous n’aurez plus besoin de gagner votre pain, je subviendrai à tous vos besoins. Quant à moi, entouré de sujets qui m’obéiront au doigt et à l’œil, je serai plus heureux qu’un roi.

Je suis plus fort que Dieu !!! que dis je ? je suis Dieu !

On dit que j’ai la folie des grandeurs, mais j’ai gagné mon pari, rétrécir des humains : Un petit tour dans mon spécial sèche linge et le tour est joué !  Ah ! ah ! ah !  ils vont enfin comprendre mon génie ces minus qui rient de moi, et rira bien qui rira le dernier ! parce que vous allez procréer, oh que oui , vous aussi ferez des petits, mes petits.

Vous serez les géniteurs d’une nouvelle espèce , celle des Riquiquis , pense t-il encore … ne voulant pas effrayer de sa voix gargantuesque ses poupées  …

L’amour est un enfant de bohème

Nous nous sommes rencontrés dans un bal costumé pour déglingués mauvais chic mauvais genre, une nuit de pleine lune, une lune à rendre encore plus fous les fous .
En guise d’invitation à danser il m’a fait un croche pied, rattrapée  de justesse par les cheveux,  puis fait tourbillonner en mordillant mes seins.
En rugissant,  j’ai voulu arracher son masque. Il n’en portait pas. Mes ongles ont ratissé sa peau.
De son poignard, il a mis ma robe en lambeaux, pour m’avouer en me piquant les fesses de son oiseau en rut que j’étais son premier coup de foudre.
Mise en feu par cette révélation,  dont la sincérité se lisait dans ses yeux de fauve, je l’ai plaqué au sol.  J’ai exécuté sur son dos un (clic) haka bluffant.
Notre profond attachement finalisé pour toujours et à jamais, nous formons maintenant un seul être, partagé entre amour et haine …ça  brûle entre nous !

Attrape temps d’antan

Salut le temps !  c’est vraiment ton passe temps préféré de voler tout notre temps. Que Satan! c’est le printemps, détends toi un instant …

 Nous entends tu ? Il est maintenant grand temps de nous laisser tranquillement prendre notre temps à plein temps. Nous avons été patients jusqu’à présent,  mais étant donné que tu ne respectes aucune mitan il est temps, pour nous les battants, de te tendre un tentant appât temps.
Alors Mr Rabat bon-temps, bon vent , file et va …temps … et dorénavant oublie nous !  nous, n’aurons aucun mal à nous passer de toi …

la femme-grenouille

Je faisais une plongée sous la grande bleue quand elle est apparue, hallucinante fleur de la mer. Habillée d’un scaphandre d’une autre époque, souriante, elle divaguait paisiblement, en parfaite harmonie avec l’élément et ses habitants. Elle m’a invité à la suivre. Nous sommes remontés sur terre. Dévêtue de sa pesante carapace elle a dansé en riant puis, métamorphosée en petite grenouille, a disparue en sautillant dans l’herbe…je me suis frotté les yeux.

Je ne l’ai pas rêvée,  elle m’a laissé en souvenir son vieil équipement 😦

ça balance joliment

Si tu t’approches le soir tombé de ce jardin , là , en face, me dit mon amie, tu verras une balançoire danser quelques petites minutes.

Au coucher du soleil, comme sous l’effet d’un souffle nostalgique, elle tangue, puis s’arrête pile net. Personne ne la pousse, personne n’y est assis. Elle flotte seule. Si tu tends bien l’oreille tu entendras aussi une mélodie swinguante accompagnée d’une douce voix.

Depuis que la jeune femme qui habitait la maison est partie rejoindre un amoureux volage , son souvenir la berce le temps d’une chanson. Elle l’attend en se balançant…

j’y suis allée, j’ai vu , entendu

Génération robots

L’espèce humaine qui a toujours débordé d’un infini amour pour ses semblables et ses amies les bêtes, ne sachant plus à qui offrir son altruisme, créa (en plus d’humanoïdes esclaves travailleurs ) des humanoïdes esclaves sexuels … « fabuleux » objets de plaisir.

Mais, dans le flot de robots nouveaux nés se trouve heureusement Lolo ! un petit dernier rigolo , inventé non pour ou par de vieux ou jeunes pervers, mais imaginé de toute pièces par une géniale fillette en manque de sourires.

Une petite fille triste dans un monde de robots humains ne pensant plus qu’à l’argent et au sexe, un monde qui perd amour et humour. Lolo et ses frangins et frangines humanoïdes rendront ils au monde sa joie de vivre ?

Honni Ric !

Moi Ric, chimiste philanthropique totalement méprisé, j’ai inventé pour m’évader d’un monde devenu détestable une boite à rêves strictement réservée à mon usage.

Avant de plonger dans le sommeil, j’y choisi, selon mon humeur , un ou plusieurs petits papiers aux multiples couleurs imbibés d’huiles essentielles de ma composition, imprégnées de mes désirs les plus intimes, que je respire profondément : les rouges me transportent dans des songes voluptueux, les bleus dans d’inexplorés abysses, des voyages interstellaires, les verts dans des contes féeriques, les jaunes dans de souriants épisodes printaniers…

Mais, avide d’insolites aventures j’en abuse !  

Et je m’abuse. L’addiction a envahi mon cerveau, je vis jour et nuit dans la fiction. Peut être devrais je créer des papiers imbibés de réalité avant qu’elle ne me rappelle brutalement à elle, avant de devenir un asocial doublé d’un illuminé ?