Haut de forme et bottes de sept lieux

Je roule sur l’autoroute déserte quand, surgi de nulle part, un binoclard en costard surmonté d’un haut de forme m’oblige à stopper net.

L’invité surprise emboucane la voiture d’une odeur pestilentielle. Désolé pour le fétide relent ricane t-il mais n’ayant pas trouvé chaussure à mon pied dans mon repaire de fauves j’ai enfilé les bottes d’un satyre puant. Mais, je me présente, je suis le joker salvateur.

Allez bonhomme met la gomme qu’on décolle. Mon béni  maître attend les damnés de la terre pour les sauver, de la flambée des prix, du chômage, du terrorisme, des guerres, de la pollution, des arnaqueurs, des dictateurs …les sauver d’un monde sinistré, avec un feu purificateur.

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au bal des crânes

Elles se sont rencontrées lors d’un bal réunissant les têtes bien faites du monde de l’au delà, des têtes aimantes, uniquement remplies des belles choses d’avant leurs après vies, pas des têtes crâneuses imbues de savoir , mais des têtes remplies d’humanité. A l’aise dans leurs petites pompes pas funèbres, elles ont dansé collé-serré du soir tombé à l’aube,  orbite contre orbite, tempe contre tempe, leurs os zygomatiques rayonnants de tendresse, leurs mandibules resplendissantes de la joie d’encore exister.

Puis elles sont parties prolonger leur  amour incorporel dans un sommeil intemporel. Posées sur un oreiller de nuages, enfouies dans son silence doré, elles se sont rêvées … jusqu’au prochain bal des têtes pas crâneuses

elle est tout un poème…

 

Call her moonchild                             Appelle la enfant lune
Dancing in the shallows of a river   Elle danse dans le lit bas d’une rivière
Lonely moonchild                               Solitaire enfant lune 
Dreaming in the shadows of a willow  Rêvant sous les ombres d’un saule

Talking to the trees of the cobweb strange Parlant aux arbres de l’étrange toile d’araignée
Sleeping on the steps of a fountain Dormant au pied d’une fontaine
Waving silver wands to the night birds song Agitant des baguettes d’argent au chant d’oiseaux nocturnes
Waiting for the sun on the mountain. Elle attend le soleil sur la montagne

She’s a moonchild                                 Elle est une enfant lune
Gathering the flowers in a garden     Recueillant les fleurs du jardin
Lovely moonchild                                  Belle enfant lune 
Drifting in the echoes of the hours    Dérivant dans l’écho des heures

Sailing on the wind                             Voguant sur le vent
In a milk white gown                          Dans une robe blanche lait
Dropping circle stones on a sun dial Parsemant d’une ronde de pierres le cadran solaire
Playing hide and seek                         Jouant à cache-cache
With the ghosts of dawn                    Avec les fantômes de l’aube
Waiting for a smile from a sun child  Elle attend le sourire de l’enfant soleil

Felinien

C‘est une étrange journée, je ne suis plus celui que j’étais. Tout sonne faux, cette ville avec ses tours vertigineuses, ses murs sales, sa cacophonie, ses mauvaises odeurs, me donne un haut le cœur… les visages que je croise me regardent du coin de l’œil. J’essaye de m’isoler dans un bar, mais pas moyen, nom d’un chien, d’avoir la paix.
Des curieux me reluquent comme un animal de foire. Je souffle, je crache, je me hérisse.
Une furieux désir d’aller me rouler dans l’herbe m’envahit. Mes vêtements m’encombrent. Ah! que j’aimerais les enlever, crier, courir, libre comme un chat, et pourquoi pas ? Eux ne se posent pas de questions, vivent au jour le jour, au petit bonheur …
Mais ! mon reflet dans une vitrine en est un … c’est fantastique ! miaou !  miaou !  je file au vert …
J’y rencontrerai peut être une Duchesse égarée à laquelle je ronronnerai des mots doux !

Un avenir sans futur

D’énormes bestioles ont  investi notre monde. Elles ont un air débonnaire. Ces diplodocus aux tètes souriantes emmanchées d’infinis cous sont pacifiques.

Des extraterrestres arrivés avec ces monstres, qu’ils sont allés chercher au fin fond de notre préhistoire, nous l’assurent.

monsters-and-space-shipsPetits de taille mais grands de cœur, ces bénévoles  spatiaux ont décidé de sauver la terre avant que nous n’en fassions une total chaos.

Parait qu’ils ont emporté  tous les teigneux réfractaires à leur désir d’harmonie. Bon vent dans le temps les têtes à claques,  sourdes à la bienveillance de nos visiteurs,  têtes à baffes transférées à une ancestrale époque de notre planète où l’humanité faisait ses premiers pas.

Les soucoupes pleines à ras bord de ces tristes personnages débordent. Et, quand la coupe est pleine, on la vide ! Aussi, à force d’incessants voyages sont ils largués dans notre préhistoire.

fiftiescifi

Dispersés sur nos continents…ils survivront.

 

Mais , habitués à exercer leurs pouvoirs malsains dans leurs anciennes vies, ces tarés commettront à nouveau leurs vilénies, et perpétueront  la vilaine espèce humaine  que l’on connait actuellement.

Une histoire sans fin…

Quand Mme s’attend au pire

La rage aux cornes, Mme poireaute au bal costumé des suppôts de son démon préféré. Où diable est donc allé finir ce vieux bouc qui commence sérieusement à la barber ?

La tentation a été encore trop forte pour le bougre, qui plus trop malin, n’a point résisté à un poker, misé son royaume qu’il a perdu avec ses pédales. Il aura beau faire du pied fourchu à sa diablesse chérie, celle ci pas du tout résolue à dormir sous les ponts, ne l’a plus au corps.

Il n’a jamais avoué, par honte, à celle qu’il aime pourtant plus que tout au monde (la faute à ce satané bon dieu vaniteux , qui l’a rejeté, pour se faire idolâtrer à sa place) que sans elle il serait foutu…

Susurrera t-il enfin un apaisant je t’aime à sa Satane, la ramènera t-il dans sa tanière brulante du délicieux péché de l’amour, afin que le pire ne détruise pas le  peu qu’il en reste sur terre ?

Mauvais plan …

Grace à son physique atypique, Mr Bison décroche un boulot dans un cinéma d’horreur. Son employeur, un mauvais vivant, mort d’amour pour l’argent, croit avoir affaire à un déséquilibré costumé en zombie, alors qu’il n’est qu’un mort crevant d’envie de vivre. Sa bobine postée à l’entrée attire foule de morbides clients.

Lui qui se faisait tout un film sur sa nouvelle existence, comprend devant ses spectateurs persifleurs qu’il ne sera jamais que le piètre figurant d’un scénario zéro. Sa chevelure couvertes de pellicules, il perd ses couleurs, tourne de l’œil, crache ses mots…

Des arrêts sur ses images, diffusés à grande échelle, le plongent dans le nihilisme.

Quelle série glauque que ce monde de voyeurs !

Au bout du rouleau, il claque, emportant, heureusement avec lui une passionnée bisonette futée, du dessous des caméras, dans son royaume de l’ombre où, cachés du soleil de Satan, ils vivront leur amour sans fin 😀

Sur la corde raide

Furieusement entiché d’un danseur de cordes, un être de noir vêtu le suit à la trace sur son chemin de fer, pour l’emporter dans sa caverne. A la va-zon-zy ! clame la tailleuse de vies, tu vas filer avec moi un super coton , chéri. Inflexible, l’équilibriste donne du fil à retordre à l’amoureuse furie la battant à plate couture.

Dégage ! crie t-il excédé outre mesure par les gestes décousus de la faucheuse qui radote de plus belle.

Coupez ! vocifère t-elle s’empêtrant dans sa robe pour se casser la bobine sous les yeux d’un public mort de rire. Rembobinez !

Que nenni  harpie …

C’est ainsi que l’affreuse se débina, sa faux entre les jambes, de la vie du funambule,  vainqueur de la danse …