les Perchés

Ils avaient survécu aux grands bouleversements qui secouèrent leur planète en se perchant sur ce qu’il en resta, un presque rien, mais y restèrent perchés le temps que leurs esprits se remettent en place dans leurs cerveaux ébranlés de mutants d’une ère nouvelle.

Quelques dizaines d’années de béatitude suffirent pour qu’ils s’adaptent à ce nouveau monde si paisible, d’où ceux qui marchaient debout, dormaient allongés, et pensaient sinon trop mais très mal, avaient disparu, s’envolant pour aller détruire ailleurs.

Le silence était doré, majestueux, ponctué seulement de  bruits naturels. Tout était clair, net, lumineux  harmonieux, sans ambiguïté, dans leur univers idyllique délivré de perversités. Ils étaient d’ailleurs tous devenus végétariens.

Jusqu’au jour où un appareil volant se posa. D’un commun accord, tacitement conclu dans leur inconscient collectif, ils le détruisirent,  ainsi que quelques autres qui osèrent à nouveau tenter ce sale coup !

Perchés ils étaient et perchés ils entendaient rester … non mais !!!

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Vidéo

💖 un amour astronomique 🚀

When I saw you, you looked so surprised
And the oceans flowed through your blue-grey eyes
And I stood and gazed
Through hot summer days
So tell me how do you feel?
Well I dream of you the whole night through
And I don’t even shut my eyes
‘Cos what I see, it’s pure heaven to me
So tell me are you for real?
We could make love and live as one
And burn our fingers on the sun
But I have seen what love denies
I’ve drunk the teardrops from her eyes
We could make love and live as one
And burn our fingers on the sun
We could make love and live as one
And burn our fingers on the sun
So tell me how does it feel?
So tell me how does it feel?
So tell… 

Pauvre petit garçon de Dino Buzzati

Comme d’habitude, Mme Klara emmena son petit garçon, cinq ans, au jardin public, au bord du fleuve. Il était environ trois heures. La saison n’était ni belle ni mauvaise, le soleil jouait à cache-cache et le vent soufflait de temps à autre, porté par le fleuve.
On ne pouvait pas dire non plus de cet entant qu’il était beau, au contraire, il était plutôt pitoyable même, maigrichon, souffreteux, blafard, presque vert, au point que ses camarades de jeu, pour se moquer de lui, l’appelaient Laitue.

Mais d’habitude les enfants au teint pâle ont en compensation d’immenses yeux noirs qui illuminent leur visage exsangue et lui donnent une expression pathétique. Ce n’était pas le cas de Dolfi ; il avait de petits yeux insignifiants qui vous regardaient sans aucune personnalité .

Ce jour-là, le bambin surnommé Laitue avait un fusil tout neuf qui tirait même de petites cartouches, inoffensives bien sûr, mais c’était quand même un fusil ! Il ne se mit pas à jouer avec les autres enfants car d’ordinaire ils le tracassaient, alors il préférait rester tout seul dans son coin, même sans jouer. Parce que les animaux qui. ignorent la souffrance de la solitude sont capables de s’amuser tout seuls, mais l’homme au contraire n’y arrive pas et s’il tente de le faire, bien vite une angoisse encore plus forte s’empare de lui.

Pourtant quand les autres gamins passaient devant lui, Dolfi épaulait son fusil et faisait semblant de tirer, mais sans animosité, c’était plutôt une invitation, comme s’il avait voulu leur dire : Tiens, tu vois, moi aussi aujourd’hui j’ai un fusil. Pourquoi est-ce que vous ne me demandez pas de jouer avec vous ?  Les autres enfants éparpillés dans l’allée remarquèrent bien le nouveau fusil de Dolfi. C’était un jouet de quatre sous mais il était flambant neuf et puis il était différent des leurs et cela suffisait pour susciter leur curiosité et leur envie. Lire la suite

l’aspiracoeur

Il vient d’infiniment loin chercher des cœurs en fleurs

Sur sa planète Nepticuloidea le chimique les a tous irrémédiablement meurtris

Il repartira son précieux butin dans son petit estomac bien enfoui

Un nectar que de retour chez lui il disséminera avec ardeur, qu’y revienne enfin le bonheur

Que tous les yeux papillonnent à nouveau de plaisir …

Quand Alice s’émerveille

Alice, l’aînée des lys, veut quitter son pot natal, attirée par un irrésistible appel du ciel. Malgré les paroles moqueuses de ses sœurettes empotées, très terre à terre, Alice reste persuadée que ses pétales sont des hélices qui l’emporteront au delà de son terne réel. Vous verrez, je m’envolerai au dessus du monde. Je ne veux pas finir enterrée dans ce bac étriqué !!!  Un petit zéphyr entend son désir, et, en coup de vent, la dépote, la dépose sur un cirrus bienveillant.

Alice, enfouie dans de délicieuses plumes blanches, vivra au septième ciel de passionnants délices…

elles n’en ont toujours fait qu’à leurs têtes

Ayant perdu lors de leurs premières vies la tête les unes pour les autres, elles s’étaient jurées par un jour inoubliable de liesse de se réunir après leurs fins à toutes, aussi à force de creuser leurs cervelles pour tenir leur promesse, les éternelles têtues se retrouvent enfin pour de grandioses têtes-à-têtes, sans tambour mais avec trompette !

Les yeux rayonnants d’étoiles en fleurs, des sourires éclatants aux lèvres,  les Mistinguettes se raconteront des anecdotes sans fin du bon mais aussi mauvais vieux temps, leurs amours d’antan et ceux persistants d’aujourd’hui. Puis de galipettes en galipettes se promettront de s’aimer bien au delà de perpète les olivettes

L’amour c’est tout dans la tête !

la voix d’un autre monde

 

Il part en voiture à l’aventure, lorsqu’une route surgit, telle un mirage sous une chaleur torride, et il entend une voix lui confier« Je suis ta voie ». Intrigué, il la suit, ça vaut surement mieux que de suivre le bon chemin, et puis il adore les imprévus. Et, cette ligne droite déserte qui semble avancer toute seule en est prometteuse.

Légèrement dérouté,  il s’arrête, coupe le moteur, mais la voie rapide, elle, continue, l’emporte à toute allure. Son engin semble avoir des ailes, et file, file, décolle vers les nuages…

Est ce la route de la totale évasion, celle de son imaginaire devenu réel , celle qui conduit à l’extraordinaire ? pris dans son surprenant engrenage, elle le conduira là où il rêvait d’aller, une route réservée à ceux qui n’hésitent pas, même éveillés, à vivre leurs rêves.

Une fois comblé par son séjour, où il se fera de royaux copains qui ne lui boufferont pas le nez, la voie magique le reconduira à son point de départ puis disparaîtra…

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le quenouille

Disséqueur de grenouilles, il pique un après midi un roupillon au laboratoire . Ses ronflements réveillent une rainette qui s’engouffre dans sa bouche, s’installe confortablement dans son estomac, et  y pond . Des dizaines de petits têtards passent l’hiver dans cette petite mare riche en nourriture de merdouille .

L’homme ballonné émet en continuation des gargouillements .

Au printemps, des grenouillettes avides de grand air évacuent leur squat.

Des amis que par coïncidence, il a invité ce même jour à déguster des cuisses de grenouilles le regarderont, hallucinés , dégurgiter tout au long du repas de minuscules  rainettes rieuses … bien vivantes …

mon cyclope

Je l’ai rencontré dans une rave party organisée dans un ovni, atterri sans crier gare. Un space prêtre nous a mariés pour le fun. Mais lui dit que c’est du sérieux, que demain nous décollons , unis pour le meilleur mais sans le pire : » Tu verras, darling, c’est si beau là haut, comparé à votre chaos « 

Il a enlevé son bonnet. Dessous il a un crane d’œuf pointu surmonté d’une tentacule qui s’agite vers l’espace en même temps que ses bras. Son unique œil braqué sur moi me dévore. C’est un tendre, tout comme ses potes qui eux aussi ont épousé des humaines, mais c’est le plus romantique de la bande.

Ça y est, on décolle. Sa tentacule caresse mon cerveau, lui envoie de si délicieuses ondes que mes appréhensions s’envolent aussi.

.

Pourtant quand il a juré que nous reviendrions un jour sur terre présenter notre bébé à mes parents, j’ai flippé …et  …fumé six clopes .

les extra-terrestres et le t’es rien

Débarqués accidentellement sur notre planète, le premier être qu’aperçoivent des extraterrestres est un animal paisible aux longues oreilles aux aguets dressées sur une belle tête aux grands yeux tendres.

Hi-han! Hi-han! chante amicalement l’habitant de cette contrée, la Provence, enchanté par l’apparition de ces petites étrangetés  sur un arbre perchées.

Raoul Giordan

Hi-han Terrien ! braient les arrivants ravis de cet accueil bienveillant. 

Hi-han!  ici , je suis l’âne, l’ignorant, le borné, l’idiot du village…  un pauvre ‘ t’es rien ‘ en quelque sorte. Fuyez sur le champ cette planète sur laquelle vous aussi serez certainement utilisés pour travailler, mais, amenez moi avec vous, je vous en prie !

Han ! Han! Han!  Belâne, toi, et tes camarades de labeur repartirez tous avec nous, mais avant, nous donnerons un remède à vos mauvais payeurs pour nettoyer leurs foies bilieux et les rendre plus aimables ...