c’est si bon de communiquer 📱

Aujourd’hui chacun peut, 24 h sur 24, naviguer en solitaire sur l’océan du net, y rejoindre son île déserte, sans risque d’y rencontrer des anthropophages, chaque converti à la religion Ecrantique peut se sentir un invincible Robinson Crusoé, de vendredi à jeudi et de jeudi à vendredi, cannibale converti lui aussi.

Terminés les interminables repas ennuyeux de famille à écouter nos proches raconter leurs plaisirs et déplaisirs. Y’a mieux, mais faut avoir le cran de s’isoler pour cultiver son jardin sur un écran, le cran d’aller voir ailleurs si c’est meilleur qu’à notre table. Terminée la ringarde chère maison, la nourriture virtuelle rassasie mieux notre besoin d’évasion.

Merde, y’a un gros problème, un grand rectangle blanc sur l’écran m’empêche de visionner  la suite de mon programme alléchant de chair.

Désolé, je coupe et je vais poursuivre au lit ma vie sur mon appareil de rêve …

 

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l’héritage

J’ai hérité de l’arrière petit fils néo-zélandais de mon oncle finlandais Tonton Noel, qui avait eu un épisode amoureux avec la nièce très éloignée d’une cousine africaine distante, quelques bouteilles d’un vieux cru. Exceptionnelles ! m’a assuré par courriel le notaire.

Étonnant ! ai je pensé que personne dans notre immense famille ne désire ces reliques. Mais, curieux de cet héritage je l’ai accepté et reçu.

Les sept carafes sont fort belles mais leurs contenus fort pitoyables. Regardez les et  jugez en par vous même.

lls vivent, bougent , m’implorent, dans un chant répétitif  » On veut être libres « , de casser leurs prisons de verre.

Je n’en dors plus. Les emprisonnés avec leur leitmotiv me hantent jours et nuits.

Aussi ce matin, pris d’une infinie tristesse en voyant leurs yeux suppliants,  les ai je délivrés de leurs vies, aux goûts de bouchons.

Je suis parti avec mes sacrés petits monstres sur le chemin de l’aventure .

Super arbre 🌳

Le moral plus bas que terre, épuisé d’être enterré dans un sol empoisonné, il décide de s’élever au dessus de sa condition végétale, si précaire,  et après des efforts survégétaux , se déracine et marche.

Il lancera le mot d’ordre à ses frères et sœurs, à toutes les plantes petites ou grandes, encore valides, de ce monde  » Levez vous et marchez, donnez vous tous et toutes la tige pour vivre enfin une existence digne de ce nom, digne de nous « 

Alors, qui m’aime me suive …

l’œil nocturne

Ma nuit n’a pas été au top.

Un énergumène déguisé en  poulpe à  2 pattes m’a coursée dans la foret  tandis qu’un tronc  armé  d’un œil me fusillait du regard… et j’en mourus de peine … suis je devenue  parano à   force de me demander si  le monde vaut encore la peine  qu’on l’aime?

l’esprit embouteillé

Sommelier dans un château taverne « l’Assommoir », il travaille comme une bête de somme, mais dans un état second, car assommé de fatigue, il ne trouve pas le sommeil réparateur. L’insomniaque dépense de coquettes sommes pour se soigner mais aucun somnifère, aucune émission ni musique soporifiques, aucun navet, aucun livre ennuyeux n’y font. Quant à l’alcool, il l’évite comme le diable.

Hors en rangeant l’immense cave un harmonieux tintement prolongé de verre le surprend. Il découvre , cachée derrière une botte de paille, une belle bouteille de vin rouge qui frétille. Stupéfait il la saisit. Ouvre moi semble t’elle dire, brillante de promesses, en se trémoussant. Ce qu’il fait sans l’ombre d’une hésitation. Goutte à mon corps si chaud chantonne  le chaleureux esprit.

L’affaire se corse, mais, la robe rouge souple, dévoilant de longues jambes, dansant dans la bouteille le tente si fort qu’il en oublie son vœu de sobriété.

Verre après verre il la déguste lentement, en de longues gorgées,  se délecte à pleine bouche de sa tendre chair , jusqu’à la lie.

Enchanté, il dormira enfin comme un bienheureux, des jours et des jours…

Heureux qui comme une bâtisse fait un beau trip

Enterrées dans l’immobilisme, constamment sollicitées par des habitants, des emmurés vivants, elles avaient un incessant mal au cœur de servir d’ascenseurs, elles qui rêvaient de grand air, de verdure à perte de vue …aussi dans un grand élan de rébellion se donnèrent elles toutes la main, prirent leurs jambes à leurs cous et fuirent les agglomérations …emportant avec elles leurs locataires, ivres de joie d’aller enfin se mettre au vert.

Les villes riront jaune 😬

guili-guili 🖐🏿

Chaque jour, aussi légère qu’une plume, elle rampait sur le tendre cou blanc qu’elle caressait de ses longs doigts noirs, si agiles. Conquise par cette originale masseuse au doigté si câlin, la jeune fille la gardait à l’abri, sous son épaisse chevelure. Elle avait une totale confiance en cette menotte au tour de main sans bavure, savait qu’elle ne lui jouerait jamais de mauvais tours, et, se disait  simplement qu’elle découvrirait un jour le secret de cette étrange créature…