Chères poupées de chair

Salut mes petits, alors on s’amuse bien chez moi, hein ! Nourris, logés, blanchis, vous y mènerez une vie de château. Vous n’aurez plus besoin de gagner votre pain, je subviendrai à tous vos besoins. Quant à moi, entouré de sujets qui m’obéiront au doigt et à l’œil, je serai plus heureux qu’un roi.

Je suis plus fort que Dieu !!! que dis je ? je suis Dieu !

On dit que j’ai la folie des grandeurs, mais j’ai gagné mon pari, rétrécir des humains : Un petit tour dans mon spécial sèche linge et le tour est joué !  Ah ! ah ! ah !  ils vont enfin comprendre mon génie ces minus qui rient de moi, et rira bien qui rira le dernier ! parce que vous allez procréer, oh que oui , vous aussi ferez des petits, mes petits.

Vous serez les géniteurs d’une nouvelle espèce , celle des Riquiquis , pense t-il encore … ne voulant pas effrayer de sa voix gargantuesque ses poupées  …

L’amour est un enfant de bohème

Nous nous sommes rencontrés dans un bal costumé pour déglingués mauvais chic mauvais genre, une nuit de pleine lune, une lune à rendre encore plus fous les fous .
En guise d’invitation à danser il m’a fait un croche pied, rattrapée  de justesse par les cheveux,  puis fait tourbillonner en mordillant mes seins.
En rugissant,  j’ai voulu arracher son masque. Il n’en portait pas. Mes ongles ont ratissé sa peau.
De son poignard, il a mis ma robe en lambeaux, pour m’avouer en me piquant les fesses de son oiseau en rut que j’étais son premier coup de foudre.
Mise en feu par cette révélation,  dont la sincérité se lisait dans ses yeux de fauve, je l’ai plaqué au sol.  J’ai exécuté sur son dos un (clic) haka bluffant.
Notre profond attachement finalisé pour toujours et à jamais, nous formons maintenant un seul être, partagé entre amour et haine …ça  brûle entre nous !

Attrape temps d’antan

Salut le temps !  c’est vraiment ton passe temps préféré de voler tout notre temps. Que Satan! c’est le printemps, détends toi un instant …

 Nous entends tu ? Il est maintenant grand temps de nous laisser tranquillement prendre notre temps à plein temps. Nous avons été patients jusqu’à présent,  mais étant donné que tu ne respectes aucune mitan il est temps, pour nous les battants, de te tendre un tentant appât temps.
Alors Mr Rabat bon-temps, bon vent , file et va …temps … et dorénavant oublie nous !  nous, n’aurons aucun mal à nous passer de toi …

la femme-grenouille

Je faisais une plongée sous la grande bleue quand elle est apparue, hallucinante fleur de la mer. Habillée d’un scaphandre d’une autre époque, souriante, elle divaguait paisiblement, en parfaite harmonie avec l’élément et ses habitants. Elle m’a invité à la suivre. Nous sommes remontés sur terre. Dévêtue de sa pesante carapace elle a dansé en riant puis, métamorphosée en petite grenouille, a disparue en sautillant dans l’herbe…je me suis frotté les yeux.

Je ne l’ai pas rêvée,  elle m’a laissé en souvenir son vieil équipement 😦

ça balance joliment

Si tu t’approches le soir tombé de ce jardin , là , en face, me dit mon amie, tu verras une balançoire danser quelques petites minutes.

Au coucher du soleil, comme sous l’effet d’un souffle nostalgique, elle tangue, puis s’arrête pile net. Personne ne la pousse, personne n’y est assis. Elle flotte seule. Si tu tends bien l’oreille tu entendras aussi une mélodie swinguante accompagnée d’une douce voix.

Depuis que la jeune femme qui habitait la maison est partie rejoindre un amoureux volage , son souvenir la berce le temps d’une chanson. Elle l’attend en se balançant…

j’y suis allée, j’ai vu , entendu

Génération robots

L’espèce humaine qui a toujours débordé d’un infini amour pour ses semblables et ses amies les bêtes, ne sachant plus à qui offrir son altruisme, créa (en plus d’humanoïdes esclaves travailleurs ) des humanoïdes esclaves sexuels … « fabuleux » objets de plaisir.

Mais, dans le flot de robots nouveaux nés se trouve heureusement Lolo ! un petit dernier rigolo , inventé non pour ou par de vieux ou jeunes pervers, mais imaginé de toute pièces par une géniale fillette en manque de sourires.

Une petite fille triste dans un monde de robots humains ne pensant plus qu’à l’argent et au sexe, un monde qui perd amour et humour. Lolo et ses frangins et frangines humanoïdes rendront ils au monde sa joie de vivre ?

Honni Ric !

Moi Ric, chimiste philanthropique totalement méprisé, j’ai inventé pour m’évader d’un monde devenu détestable une boite à rêves strictement réservée à mon usage.

Avant de plonger dans le sommeil, j’y choisi, selon mon humeur , un ou plusieurs petits papiers aux multiples couleurs imbibés d’huiles essentielles de ma composition, imprégnées de mes désirs les plus intimes, que je respire profondément : les rouges me transportent dans des songes voluptueux, les bleus dans d’inexplorés abysses, des voyages interstellaires, les verts dans des contes féeriques, les jaunes dans de souriants épisodes printaniers…

Mais, avide d’insolites aventures j’en abuse !  

Et je m’abuse. L’addiction a envahi mon cerveau, je vis jour et nuit dans la fiction. Peut être devrais je créer des papiers imbibés de réalité avant qu’elle ne me rappelle brutalement à elle, avant de devenir un asocial doublé d’un illuminé ?

le repos du guerrier

Je rentre dans mon pays natal, après tant d’années. Jeune, désœuvré, paumé, je m’étais engagé dans la légion. Je rentre le cœur sans joie. Personne ne m’attend. Je bois au bar avec d’autres passagers désaxés. Ivre, presque mort, je m’endors par terre.

Terminus ! le train stoppe au milieu de nulle part. J’ai raté mon arrêt, la machine est vide. J’en descends. L’endroit est désert, pas âme qui vive, seulement moi qui traîne un corps fatigué sur son unique patte. Diable que le soleil tape ! derrière un bâtiment en ruine, un horizon de sable fume sous la chaleur d’enfer. Je n’ai pas d’eau. Ma sueur coule goutte à goutte. Je bois à petites gorgées ma fiole de whisky. Je me fais un rail. Étourdi je flotte. Fébrile, mon cerveau s’active…

Et, soudain de petites fées débarquent.

Elles m’emportent vers les étoiles, à des millions d’années lumière de cette gare où j’ai bien failli crever.

La ville volante

Une ville bâtie de pierres passe dans le ciel

où va t-elle ?

Pour se reconstruire elle s’est évadée de son passé

débarrassée d’encombrants qui la détruisaient

à la recherche de bons et beaux vivants.

Puis repeuplée d’esprits sains qu’elle nourrira de sa belle terre

elle disparaît avec ses nouveaux enfants

 légère …

Mygalomanie 🕷️

spider_woman_by_andrew_robinson-Suspendue entre deux fenêtres d’un building elle scrute d’un regard perçant le trottoir. Un homme y passe. Accrochée sur son échelle de soie, elle glisse le rejoindre. Figé devant son étrange beauté il l’admire bouche bée. Elle se transforme en une fraction de seconde en mygale géante, d’un baiser sur les lèvres coupe ses cris, l’emmaillote dans son filet à provision tout juste tricoté, le remonte jusqu’à son repaire, pour le ranger sous vitrine en compagnie de dizaines d’autres spécimens de la race humaine qu’elle collectionne passionnément …

Puis elle se tire le portrait à coté de sa proie, photo qu’elle publie illico sur la toile : sa page Facebook …