Intermède divagateur

Popeye le matelot , Olive Oyl  sa sirène perchée et Gontran le fainéant embarqués pour la plaisance navigueront dans le déplaisant.

 Attaqués par des aventuriers fantômes, menés en bateau et à la baguette jusqu’au cap Horn par ces marins d’eau douces, boulets hargneux, Popeye , dopé aux épinards mais pas au pinard, ne perd point la boussole. Borgne mais pas manchot, il mouille sa chemise pour combattre de ses gros bras ces esprits de l’amer, qu’il largue par la couenne de la peau des fesses à bâbord et tribord. Le bateau hanté saccagé il ne perd pas sa gouaille en fanfaronnant victoire  » I yam what I yam and dat’s all what I yam  » , sans ramer pour rentrer à bon port…

Divagation se terminant en queue de poisson …

Ma queue contre une paire de jambes

Si seulement je pouvais l’enfiler rêvasse la sirène devant un vieux jean délavé abandonné sur un rocher … Moulée dedans je serais la plus belle des reines, admirée par des yeux humains et non plus par ceux de merlans frits que fait la poissonnaille du coin en louchant sur moi.

Je courrais derrière les marins, je ferais des parties de jambes en l’air, des folies de mon corps, je pourrais enfin prendre mon pied. Je dois absolument retrouver la sorcière qui a métamorphosé la nageoire de tata (zic)  en gambettes

Je vivrai un jour mon fantasme d’être aimée sur le sable chaud,  je nagerai un jour dans le bonheur, sereine sous l’écume de jours enfin sucrés …

Woody Guthrie

Je l’ai connu grâce à toi Mo, merci   🙂

Il était un musicien  compositeur Américain des années 30 à la fin des 50, très engagé politiquement, on peut lire contre quoi sur sa guitare, et l’entendre dans cette chanson et d’autres encore. A l’époque ça ne devait pas être facile d’avoir une telle inscription sur son instrument de musique et Woody Guthrie a eu des emmerdements à cause de ses belles idées de liberté et de justice …

Espérons qu’il ait encore raison !

 Un Woody Guthrie fort à propos à l’heure actuelle où cette gangrène qu’est le fascisme prend dans le monde énormément trop de graine. Alors votons tout sauf cette tare avec sa profonde tarée sinon la sale histoire ( sans fin ?) peut fort bien recommencer …

Honni Ric !

Moi Ric, chimiste philanthropique totalement méprisé, j’ai inventé pour m’évader d’un monde devenu détestable une boite à rêves strictement réservée à mon usage.

Avant de plonger dans le sommeil, j’y choisi, selon mon humeur , un ou plusieurs petits papiers aux multiples couleurs imbibés d’huiles essentielles de ma composition, imprégnées de mes désirs les plus intimes, que je respire profondément : les rouges me transportent dans des songes voluptueux, les bleus dans d’inexplorés abysses, des voyages interstellaires, les verts dans des contes féeriques, les jaunes dans de souriants épisodes printaniers…

Mais, avide d’insolites aventures j’en abuse !  

Et je m’abuse. L’addiction a envahi mon cerveau, je vis jour et nuit dans la fiction. Peut être devrais je créer des papiers imbibés de réalité avant qu’elle ne me rappelle brutalement à elle, avant de devenir un asocial doublé d’un illuminé ?

le repos du guerrier

Je rentre dans mon pays natal, après tant d’années. Jeune, désœuvré, paumé, je m’étais engagé dans la légion. Je rentre le cœur sans joie. Personne ne m’attend. Je bois au bar avec d’autres passagers désaxés. Ivre, presque mort, je m’endors par terre.

Terminus ! le train stoppe au milieu de nulle part. J’ai raté mon arrêt, la machine est vide. J’en descends. L’endroit est désert, pas âme qui vive, seulement moi qui traîne un corps fatigué sur son unique patte. Diable que le soleil tape ! derrière un bâtiment en ruine, un horizon de sable fume sous la chaleur d’enfer. Je n’ai pas d’eau. Ma sueur coule goutte à goutte. Je bois à petites gorgées ma fiole de whisky. Je me fais un rail. Étourdi je flotte. Fébrile, mon cerveau s’active…

Et, soudain de petites fées débarquent.

Elles m’emportent vers les étoiles, à des millions d’années lumière de cette gare où j’ai bien failli crever.

Je marche un peu, beaucoup, et bientôt à la folie …

A la recherche non d’un temps perdu mais d’encore très rares fleurettes sauvageonnes, à la recherche du gai silence de la nature, du souffle du vent sur des arbres encombrés de pioupious, du bruissement des fourrés traversés par des bestioles anonymes …

mon patelin vu d’en haut

l'Ubaye toute en bas

l’Ubaye qui coule en bas

Je marche tous les jours au soleil mais aussi à l’ombre et c’est joliiii . Très bientôt l’herbe verdira, les arbres, les fleurs fleuriront et ce sera un délice à manger des yeux …Miam !

mon chemin  sur la montagne