Sur la corde raide

Furieusement entiché d’un danseur de cordes, un être de noir vêtu le suit à la trace sur son chemin de fer, pour l’emporter dans sa caverne. A la va-zon-zy ! clame la tailleuse de vies, tu vas filer avec moi un super coton , chéri. Inflexible, l’équilibriste donne du fil à retordre à l’amoureuse furie la battant à plate couture.

Dégage ! crie t-il excédé outre mesure par les gestes décousus de la faucheuse qui radote de plus belle.

Coupez ! vocifère t-elle s’empêtrant dans sa robe pour se casser la bobine sous les yeux d’un public mort de rire. Rembobinez !

Que nenni  harpie …

C’est ainsi que l’affreuse se débina, sa faux entre les jambes, de la vie du funambule,  vainqueur de la danse …

Rouge de vie

Tes griffes bien agrippées sur les fins rameaux  d’un vieux lierre haut perché sur le mur de la maison , tu as patiemment attendu ton tour pour becqueter les graines sur la rambarde.

Tu as une mauvaise réputation de belliqueux, rouge gorge, mais je ne t’ai pas vu attaquer les autres oiseaux pour manger avant eux.  Tu es tout bonnement rouge de vie !

Tu te balançais doucement sur la branchette, attendrissante petite boulette, ta poitrine gonflée par ta chansonnette rythmée,  tout en zieutant les alentours.

Vachânerie

Pourquoi le nom de vache est il le plus souvent employé péjorativement pour qualifier certains individus et leurs comportements saugrenus voir tordus alors  que cet animal, aux beaux yeux émouvants ornés de long cils, est doux sauf si on lui fait une vacherie à laquelle il riposte justement par un coup de pied mérité !

Ne soyez pas vaches avec ma petite pensée uniquement vache pour les vraies peaux de vache ( rock vache 😀 )

J’aime les belles vaches dans les prés … Pour terminer cet article de vachette maigre, les temps sont durs et secs,  un morceau de Nino Ferrer qui, comme plus haut Parabellum, machait non seulement de l’herbe mais aussi le verbe.

Ô délices


Mes lys, mes caprices de chaque été, ne restent pas en coulisse. Et, lorsqu’ils fleurissent leurs feux d’artifice m’éblouissent. Sur les pâturages s’épanouissent aussi leurs cousines, jolies princesses, mais pales esquisses de mes reines de beauté.  Ma vérité de La Palice « les lys sont délices  » (j’ai pas trouvé mieux 😮 )

PS : En anglais on dit Lily , c’est plus mignon non ? Qu’en penses tu Lily si ici tu te glisses ?

je déteste le 14 juillet avec ses défilés et sa Marseillaise

Un 14 juillet où bon nombre se mettent à chanter la Marseillaise, chant sanglant, pour faire bonne figure, par tradition, conformisme, sans penser dans leurs têtes manipulées dès l’enfance que cet « amour »pour leur pays , où ils n’ont pas choisi de naître, leur est inculqué par de tristes personnages ne pensant qu’à préserver leur misérable désir de pouvoir.

Le patriotisme mène au nationalisme, à la haine et aux guerres …

Alors vive un monde sans frontières ni hymnes nationaux ! ils sont dépassés et dangereux …

Il faudrait commencer à apprendre à vivre en toute sérénité …

l’étoile endormie

Que fait elle figée sur ses pointes de pieds dans cette grotte perdue au bout de l’océan méconnu de cette planète sauvage ? émerveillé par cette inexplicable vision de rêve, d’une autre époque, d’un autre monde, un cosmonaute du futur recueille à son bord la ballerine plongée dans une profonde léthargie. Réveillée, elle prononcera quelques mots dans une langue oubliée du commun des mortels, dansera une courte minute pour retomber dans sa torpeur …

Ramenée sur terre, un délicieux (clic) Pavlova  la sortira t-il de son sommeil sans fin ?

Double toit !

J’ai une tante rock’n’roll, une exquise canadienne, d’un certain age. Je vis cet été à ses crochets, planté avec elle dans son champ de blé, complètement fauché. Mais, elle se déchire tellement aux élixirs qu’elle me rend marteau : imperméable à mes tentatives de rafistolages de sa toile grêlée par toute une vie exposée aux intempéries, elle tombe toutes les nuits au tapis.

Je lui offre alors des sardines fraîches, ou bien des maquereaux , ses mets préférés,  puis la redresse. Comme elle a encore de l’étoffe, elle se tient quelques temps, bien fixée sur ses fils de fer, aussi droite qu’un piquet, puis s’écroule à nouveau.

Elle s’est couchée en pleine nuit dans ma chambre, étalée sur moi, complètement démontée ! J’ai dégrafé sa fermeture éclair pour la détendre. Elle m’a sommé de décamper, traité de gigolo, m’a sommé d’aller finir l’été sous le toit d’un tonton plagiste, qui lui , dispose de jeunes tentes droites, bien dressées et élevées, elles  😮 

Merlin l’enchanteur …

En revenant du boulot, j’en avais plein les gambettes
j’ai posé mes fesses sur le bord de la villageoise cuvette
L’eau était fraîche, mes pieds y ont fait trempette

Posé sur la branche d’un sapin, un merle moqueur a rigolé :
Pouet-pouet tes petons méritent d’être bien savonnés
Leur petite odeur de fromage affligent mes narines

Au lieu d’ironiser joli merle, siffle un air guilleret
Sinon tes narines ne seront pas réconfortées !
Voici un air pour tes oreilles de coquine

Et si ce soir parfumés sont tes petons
Je t’offrirai une autre belle chanson
Adorable enchanteur, tu m’as donné mes ailes …

Flèches en ciel

Après la pluie c’est le flash !

Nullement besoin d’un apéro, d’un petit joint pour halluciner. Il suffit que j’aille sur le balcon, que je contemple le ciel et en dessous les montagnes avec comme fond sonore les chants d’oiseaux.

Il y en a d’assez étranges, des chants puissants et doux à la fois,  depuis quelques temps. Ma voisine m’a appris ce matin que ce sont des paons , pas sauvages bien sur, mais élevés, à coté de chez nous …

Pauvres magnifiques oiseaux, j’ignorais qu’eux aussi finissaient dans les assiettes  » des jamais assez rassasiés de viande »…