il n’était pas un loustic !

Une sauvageonne toute de rouge vêtue fait du stop sur un chemin glacé , éclairée d’une seule loupiote, porter un sac à dos rempli de victuailles à grand maman isolée dans une noire foret des Abruzzes. Une moto chevauchée par un grand loup désinvolte s’arrête, l’emporte à travers les bois enneigés.

 » Arrête toi grand fou, j’ai peur  » « Que nenni  !!! répond il , j’suis pas un louf,  j’suis réglos. Je sais où tu veux en venir …Pour venger ton aïeule tu vas me faire le coup du charme, te barrer sur ma moto, me dénoncer pour harcèlement … Je ne suis pas un marlou : ne cherche pas à louvoyer princesse des bois !

« Grand loup, tu as de si belles dents que je me fie à elles  »

 » Et toi de si beaux yeux si verts d’éternité qu’ils me rendent déjà heureux »

De papotages en papotages, de rigolades en rigolades, ils tombèrent en amour … la haine aberrante pour le grand méchant loup prit enfin fin, après leurs mises au monde de louzommes plus tolérants que les plus tolérants des hommes…

quand tout roule comme sur des roulettes

 

Une nuit d’été lumineuse, une nuit où je tapine dans l’allée éclairée d’étoiles d’un parc, où mélancolique je m’apitoie sur ma solitude, en contemplant, envieux, des amoureux aux sourires béats, je vois arriver, à vive allure, une mignonne paire de bottines blanches sur roulettes.

Elles s’arrêtent pile-poil devant moi, puis une bouche inapparente régale la mienne d’un goulu patin, qui me laisse tremblant de désir.

Alléchées mes mains tâtent les fines chevilles, les petits mollets musclés, les cuisses fermes, les fesses potelées de l’invisible patineuse, rencontrent une longue chevelure bouclée, remontent jusqu’au visage aux traits fins qu’elles caressent.

Sa voix murmure dans le secret de mon oreille qu’elle hante ce parc depuis des années à la recherche d’un amour, qui l’y a une nuit abandonnée, qu’elle a cru le reconnaître en moi ..

Depuis sa confidence, nous vivons ensemble une vie croustillante de patinage à deux bouches et quatre pieds…

le grand perdant

 

Benjamin d’une famille au dernier barreau de l’échelle, le pire des cancres à l’école, au dernier grade à l’armée, indécrottable traînard au boulot… il sera sa vie durant le définitif boulet de l’immense troupeau des derniers. A cause d’un physique exécrable de jeune dernier il ne fera jamais de conquêtes féminines. Obsédé par son qualificatif de dernier, il sera nihiliste, désirant par dessous tout ne tenir à rien.

Il a un jour, à la dernière minute, vent d’un concours, de la plus basse renommée, dont le perdant remporte un voyage en solitaire sur l’ultime île sauvage du monde.

Heureux perdant, il le gagne.

Les habitants de l’île, des végétariens en pénurie de légumes, ne font qu’une bouchée du nouvel arrivant.

Il aura, en guise de croix, droit à un morceau de plastique planté sur sa tombe, tout au bout d’une plage encombrée de perdants à des concours, sur laquelle sera gravée l’épitaphe : le der des ders.

Il sera gratifié d’une légion d’honneur pour avoir été si sensé de ne croire en rien de bon pour lui.

Il s’en battra les tibias !

Une Marion nette

Oui tu es mon créateur, et moi ta poupée

Nous sommes tous tes jolis jouets

Tu dis nous aimer, mais tu nous mènes par le bout du nez.

Ne tire plus trop sur nos ficelles parce qu’elles vont finir par casser

 

Rends nous notre liberté …

la magicienne ose

Quand à Honfleur, Marguerite et sa bande de mignonnettes maladives, tentent de vendre leurs bouquets  chimiquement frelatés aux passants déjà plumés et intoxiqués, survient Flora Olland (clique) leur boss imbibée de fleurs du mal, qui traîne un sac bourré d’aigre oseille. Devant la maigrichonne recette des fillettes, elle saisit de longues tiges pour les battre.

Soudain, sur son cheval Tornado, surgit la belle Zorretta, petite fille du grand Zorro,  qui la bombarde de mottes de terre contaminée…

Elle emporte avec elle les fillettes dans son univers aux mille senteurs naturelles, fleurant une délicieuse douceur.

Il ne lui reste plus qu’à délivrer les petits garçons qui vendent les graines trafiquées de leur boss Mon Diabolico, milliardaire empoisonneur, qui mène son jeu assassin depuis crève cœur (clique )

Lui sera enseveli sous des bouses de vaches folles …

Quand Serpillon prend la relève de Cendrillon

Souffre-douleur de ses frangins, Serpillon enquille et serpille. Gare à sa bouille, s’il ne brique pas un coin, ne lave pas le beau linge des sagouins, lui habillé d’un chiffon, ou fait de la tambouille, lui nourri de briques à la sauce cailloux et de soupes à la grimace…

La moustache en détresse, dans un soupir d’épuisement, il claque, se retrouve au paradis où il trime aussi comme un fou, encore pour des clous.

Il prend ses cliques et ses claques, avec saint Hilaire, pour le pays de Cocagne, en perpétuelle joie : la nature y ruisselle de nourriture, pour tous et chacun, le travail obligatoire y est proscrit, l’avidité et la méchanceté inconnues.

Sur ce paradis terrien, Il s’initie au beau savoir de ne faire que ce qu’il aime, à une oisiveté méritée, qu’il exercera avec passion, et heureux grillon, il chantera son bonheur sous la lune bienveillante …

la vilaine tendre bestiole

Quand ils m’aperçoivent, les grands me rient au nez, les garnements se fendent la poire. Tous ont tellement vu de faux monstres sur les écrans, qu’ils pensent que je suis déguisée, moi, qui suis pourtant une authentique erreur de la nature.

J’ai beau rouler des yeux terrifiants ( j’en ai un qui dit merde à l’autre) pousser des hurlements (d’une voix de crécelle), sortir mes dents pointues (cassées et cariées), des griffes (en plastique), je ne provoque que l’hilarité générale ! et puis, je suis ridiculement petite.

Mais pourquoi veux tu être si abominable ?

je suis trop bébête, trop bonne, alors on m’a sans cesse roulée comme un gnocco dans la farine. Pour ne plus pleurnicher sur mon sort, j’ai donc décidé de devenir plus méchante que tous ces cuistots d’opérette …Mais j’y arrive pas 😥, j’ai toujours mon innocent cœur d’enfant … la vie pourrait être si douce si personne ne le perdait !

Allez viens bestiole, je suis esthéticienne !

Hippie hippie hourrah !

Nous avons demandé à une association d’accueillir pour les grandes vacances un enfant, mais, y’a eu confusion sur l’age, elle nous a envoyé un grand gosse, qui a débarqué avec sa panoplie …de hippie 

De ses vêtements bariolés à sa guitare sèche, à la fleur  piquée dans sa tignasse, à son pendentif  » Peace and Love « , tout y était. D’un immense sourire, il nous a salués d’un « Too much les amis, trop cool ! Je vous aime. J’arrive de Woodstock  avec un stock de grass « . Puis il a chanté faux en grattant son instrument désaccordé.

ça a duré 2 mois, 2 mois de peace and love à gogo, 2 mois de baveuses embrassades moustachues, 2 mois de chansons fleuries d’amour, mais casse oreilles.

Converti, notre couple casanier s’est métamorphosé en un couple libéré de Babas cool voyageurs. Nous sommes partis, du soleil dans les yeux, des fleurs dans les cheveux, la musique au cœur, les doigts en V, en pèlerinage à Woodstock, San Francisco,  Katmandou et puis ailleurs encore, grace aux conseils de Topito. 

http://www.topito.com/top-destinations-hippies

Depuis on plane  😎

Pépé le timbré

Ah ! les petits j’ai bourlingué, matez moi ça. C’est pas pour rien que je suis tout cabossé avec des valoches sous les yeux. J’ai fait le tour du monde, toujours bourré, à bloc, et j’y mettais le paquet, j’avais du coffre à l’époque.

Pour ne pas perdre la caisse j’avais plus d’un tour dans mon sac : je me délestais du superflu, à l’insu de mon patron qui planait, et allégé, je continuais la route !  A l’époque y’avait pas de roulettes en plastoc , notre force était la résistance.

Heureusement que je suis un dur en cuir parce que j’en ai vécu et pas que du beau. J’en ai bavé sur la route; J’ai failli y finir la peau trouée. j’ai transporté du lourdingue et pas que du jojo. Alors pépé, pas ballot, s’est fait la malle en douce.

Enregistrez moi les mioches : les voyages forment la jeunesse mais peuvent aussi déformer la vieillesse, alors jamais d’excès de zèle au taf !

Coups de coeur et de gueule d’une étrangère

Zinnia  l’ardente petite Mexicaine aime bien Haricot Beurre loin d’avoir inventé le fil à couper ce dernier, mais tendre à croquer.

A Zinnia plait aussi, le vieux de la vieille, Persil, qui de ses longs brins caressant gentiment sa tige lui enseigne de simples choses de la vie.

Zinnia ne pourrait plus se passer de sa super copine Blette ni de ses mignonnes blagounettes,  pas si bettes que ça.

Zinnia  raffole du parfum d’un suprême Basilic qui réchauffe ses nuits mélancoliques de suaves songes orientaux.

Quant aux raves parties nocturnes de Betterave elle s’en passerait volontiers, pourtant de jour Betterave est si douce qu’elle n’y voit pas rouge.

L’arrogant Navet se prenant pour un chef d’oeuvre en péril la déconcerte, mais, quand il mijotera dans le pot au feu il en reviendra.

Et  la délicieuse fleur de courgette, est autant de calins pour le petit potager, si hospitalier, même le poireau rébarbatif, toujours planté là à les zieuter de son regard de flic, en a les yeux bouleversés.

Zinnia, rayon de soleil expatrié, illumine le potager entier !