Ma queue contre une paire de jambes

Si seulement je pouvais l’enfiler rêvasse la sirène devant un vieux jean délavé abandonné sur un rocher … Moulée dedans je serais la plus belle des reines, admirée par des yeux humains et non plus par ceux de merlans frits que fait la poissonnaille du coin en louchant sur moi.

Je courrais derrière les marins, je ferais des parties de jambes en l’air, des folies de mon corps, je pourrais enfin prendre mon pied. Je dois absolument retrouver la sorcière qui a métamorphosé la nageoire de tata (zic)  en gambettes

Je vivrai un jour mon fantasme d’être aimée sur le sable chaud,  je nagerai un jour dans le bonheur, sereine sous l’écume de jours enfin sucrés …

un navet qui lui coûte cher

Un film qui ne vaut pas une cacahuète lui ouvre l’appétit avec une scène de repas orgiaque. Sorti du cinéma il démarre sa boite à sardines pour aller se péter la panse dans son resto préféré  » Vivre pour Manger « .

Sur la route de son péché de filet mignon, pris en sandwich entre un panier à salade rempli de gibier de centrale en cavale et des poulets (ziquequi canardent, il appuie sur le champignon espérant ne pas finir un pruneau en pleine poire à becter les pissenlits par la racine.

Les carottes sont cuites se dit il avant d’atterrir dans un verger et de tomber dans les pommes.

Il revient à lui au poulailler. Pris pour une grosse légume de la pègre, il y est cuisiné.

Il rajoute de l’huile sur le feu en ramenant sa fraise, traitant les poulagas  « d’extraits de cornichons fermentés dans du concentré de jus de poubelle ».

Prière d’oiseau

Reviendras tu bercer mes nuits, noires sans toi ? gazouilleras tu  encore pour picorer de croustillants vers, de bec-à-bec, au nid ? oui, oui , oui ! mes ouïes grandes ouvertes n’espèrent que ton chant de retour !  nous pataugerons encore dans la boue de la rivière chasser les têtards pour nos pique-niques fêtards, nous plongerons encore dans son eau rafraîchir nos cerveaux embrumés, nous nous sécherons encore au vent tiède, nous roucoulerons encore sous le soleil, les étoiles … libres et heureux  jusqu’au jour où j’ai pépié un peu trop fort …tu t’es envolée voir d’autres cieux …

Si tu tardes  (chanson triste) encore, j’irai te chercher, je te tiendrai serrée tout contre moi, pour toujours ! jamais plus, je ne te ferai de mal, je te le promets de ma plus belle plume, bijou de ma vie rabougrie sans toi.

Mises en bière de mars 🍺

La famille Boissec travaille dans la confection de bières. Mais l’affaire ne gaze plus, ses éventuels clients tardant à rendre leurs derniers soupirs, un formidable stock de sarcophages lui reste sur les bras. La tribu de Vikings, qui ne fait pas dans la demi-mesure se lance alors dans la fabrication d’un autre style de bière : la bibine !

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La petite dernière du clan, la distinguée Vera,  véritable gueusesse qui aime se faire mousser, met la pression. La galopine prescrit avec un parfait sérieux à ses malades des canettes à un prix raisonnable, prometteuses non de ridicules gueules de bois mais de belles caisses.

Les morts subites s’ensuivent à la vitesse d’une valse tango, tant et si bien que tous les cercueils seront écoulés en toute impunité.

La famille gorgée de liquide, brasse encore et encaisse toujours.

Sentence éléphantesque 🐘

enki bilal

Il veut s’endormir du sommeil éternel quand survient la bête de fer. Elle brise l’harmonieux silence du lieu sacré qu’elle saccage sur son passage sans compassion pour l’éléphant blessé, sans respect pour son ultime repos … lui est digne, la bête indigne, lui barrit doucement sa plainte, la bête sans l’entendre vrombit implacablement son feu, lui est noble, elle sans noblesse s’enfuit sans aucun regard pour lui … Alors il use ses dernières forces pour hurler à la mort si fort que déstabilisé le lâche tas de ferraille trompeur déraille.

 

Quelle que soit notre maigreur, nous autres éléphants aurons toujours plus de couilles que nos ennemis !!!

Am stram gram pics et pique !

Tout a commencé quand, enfant surprise par la maîtresse à piquer les devoirs de ses camarades de classe, elle est reléguée au piquet. Point vaccinée par la punition elle continue de plus belle à piquer à droite et à gauche : portefeuilles, petits amis de ses copines, idées, tout ce qui traîne à sa portée, elle le pique pour se piquer d’être la meilleure Quelle mouche la pique ? se demande son entourage, car elle pique à tout vent des crises en lui lançant des pics.  
Elle pique aussi gravement la curiosité du sexe opposé …
Elle a même épousé un picador :mrgreen: Le temps passe mais le surnom  » la piquée » qu’on lui a épinglé, lui colle à la peau .  
Alors pour l’oublier elle boit de la piquette sous son seringua en piquant du nez …

Quand Jack a du pot

Depuis qu’il sait qu’il a gagné au loto il est très agité ! Nouveau Crésus à la tête d’une faramineuse fortune il a de quoi satisfaire ses désirs les plus insensés, de quoi jeter du fric par les fenêtres, de quoi boire à volonté le reste de ses jours du bon champagne accompagné de vrai caviar, de quoi gâter des gens, de quoi aussi en acheter, de quoi être soit un mécène soit un tyran, de quoi être enfin respecté, de quoi vivre  entouré d’un harem …

Depuis la nouvelle son cœur bat une furieuse chamade, ses pensées galopent dans une folle cavalcade, dans ses oreilles bourdonnent des milliers d’abeilles, dans sa tête tambourine un orchestre de grosses caisses. Son cerveau est fêlé.

Il a décroché la lune, mais perdu son équilibre et dans son agitation ses pieds glissent sur le carreau lustré au savon noir par sa tendre moitié devenue soudainement une maniaque de la propreté et il y reste … pas de pot Jack !

un zeste de lucidité

Tu t’es toujours levé dans un cri « Hurry up Harry« , cette injonction imprimée dans ton cerveau, tu t’es toujours pressé pour ne pas perdre une tranche de ce précieux temps, qu’on t’a toujours volé, pressé pour ne pas perdre une rondelle d’un argent précieux qui paye tes dettes. ça valait pas du tout le jus.

Et quand pressé jusqu’à la pulpe il n’est resté de toi qu’une écorce un peu desséchée, déconfit tu as ri jaune. Tu as enfin muri, et après t’être longuement pressé le citron, tu t’es mis au vert.

Joyeux sur ton arbre perché, tu as rencontré Lime.. Ensemble, vos zestes amoureusement déplacés pour le plus beau du meilleur, vous n’aurez pas de pépins et êtes heureux sans autres dieux ni maîtres que vous deux  …

Qui des deux est la plus bête ?

Alessandro-Gottardo-08Tu es abominable, monstre ! Toi adorable, poupée!

Comment peut on naître aussi laid ? Je n’ai pas choisi ma lignée

Tu sembles sorti d’un film d’horreur. Toi d’un conte pour blanches oies 

As tu déjà mangé quelqu’un ? approche toi donc que je savoure cette joie

On a bien fait de t’enfermer sale bête. Tu mérites ta liberté, tu es si charitable

Adieu dragon, ta vue m’est insupportable

Je l’ai échappé belle pense le lézard redevenu homme

elle était pas faite pour ma pomme

Glamour mais sans humour !

Les fugitifs !

La route n’en finit plus. Mais le camion ralentit enfin sa course, s’arrête. Profitant de l’occasion, ses deux passagers clandestins filent en douce. Par chance, ils se trouvent près d’une épaisse forêt.

both-bears-hugging-love-imageUn cerf brame sur leur passage, pas effarouchée sa biche continue à brouter, papa blaireau, maman blairelle, blaireautins passent pépères sous leurs nez, des corbeaux les survolent en croassant leurs habituels gros mots, des lièvres insouciants batifolent, des pies jacassent sur leurs comptes, un loup grand seigneur les salue du haut de son rocher, un coucou  chante pour eux !

Parfumés d’ irrésistible gentillesse, les fugitifs n’effraient pas le peuple des bois. Ils ont trouvé leur nid d’amour et personne n’empêchera ce couple d’ours, échappé d’un cirque, d’y couler des jours heureux sinon ils deviendraient très très mal léchés 👿