Et un pauvre diable créa une femme

Je veux une compagne, je m’ennuie comme un rat mort sous ce soleil de Satan trépigne un vieux petit bonhomme !

Aidé d’un grimoire il élabore un élixir sensé créer une femme du tonnerre d’Éros, auquel il rajoute du doux pelage de chat, des poils de moustache d’une souriante souris, des plumes de rossignol, des pétales de fleurs, de savoureux fruits … toute la joliesse de la nature qui l’entoure, sans oublier le petit morceau de courge, afin qu’elle ne soit pas plus intelligente que lui  !

L’apprenti sorcier fait mijoter ces ingrédients dans un beau cul de poule. Abracadabra, sors de là poupée ! s’exclame t-il euphorique, en flambant le tout avec un rhum de derrière les fagots dont il a  abusé …Une merveille surgit des flammes !

Merde alors ! s’exclame t-il apercevant les boites vides de cœurs d’artichauts et de foie de morue, ajoutées par erreur …

Un coup fumant

Un type patibulaire, au regard désabusé, au visage balafré, au cou décoré d’un piercing tape à l’œil dévore sur la Canebière un merguez frite. Un violent mistral souffle les frites du sandwich. Subjuguée par cet irrésistible spécimen de vieux loup rapiécé qui n’a plus la patate, une Marseillaise s’émeut  … Il lui donne une telle fringale que tout de go elle l’invite à manger des pâtes au pesto chez elle. Mais catastrophe sa bouteille de gaz est vide.

Le type fulmine » Qu’est ce que tu fous nom d’une pipe! », caresse en sifflotant un air lugubre son cran d’arrêt, se dirige lentement vers elle, empoigne sa chevelure, lui souffle à l’oreille « Pendant que je fume poulette fais moi un jambon beurre et après, on jouera à mon jeu préféré »

Elle savait bien qu’il n’était pas bonhomme à se mettre en pétard juste pour l’épate !

Cruelle poubelle

Sans relâche elle traque des inoffensifs qui ne veulent qu’échapper à leurs destins de déchets. Aussi acharnée qu’un chien policier elle ne lâche jamais le morceau. Dressée pour faire respecter la discipline, la matonne matrone n’accorde aucun sursis à ces futurs broyés, aux permis d’exister périmés.

Je l’ai surprise dans l’une de ses persécutions et lui ai fait un croche-patte !

Les 4 fers en l’air la pas belle a rugi des appels à l’aide tandis que ses prisonniers ont pris la clef des champs avec des hourras de joie.

Ce sont les paysans du coin qui ne vont pas être contents 😀

Elle était trippante

Elle est là, au milieu du rock garage. Sa vue lui donne tellement de cœur au ventre qu’il joue sans répit, avec ses tripes, pour qu’elle daigne enfin lui jeter un regard. Il hurle du fond de ses entrailles son chant de loup.

En folie sur son crane sa banane en danse de crânerie. Mais la sorcière adorée ayant d’autres chats à fouetter, ce pitre n’est pas son trip, s’envole avec, agrippés à ses longs cheveux noirs, des chauves saouls qui rient, à s’en péter la bedaine, de lui

Mauvais trip. Les viscères à l’air, il est bienheureusement guéri de sa passion tord boyaux par son gros colon, lequel remet avec un grand point final tout en ordre dans sa peu banale querelle intestinale.

Pépé le tatoué

Ah ! les jeunes j’ai bourlingué, matez mes tatouages. C’est pas pour rien que je suis tout cabossé avec des valoches sous les yeux. J’ai fait le tour du monde, toujours bourré, à bloc, et j’y mettais le paquet, j’avais du coffre.

Alors, pour ne pas perdre sa caisse pépé avait plus d’un tour dans son sac : je me délestais du superflu, à l’insu de mon patron qui de toute  façon planait tout le temps, et allégé je continuais!  A l’époque on avait pas de roulettes, mon seul bagage était ma force.

Heureusement que je suis un dur en cuir parce que j’en ai vécu et pas que du beau. J’en ai bavé sur la route de Katmandou. J’ai failli finir la peau trouée dans un trek. Alors ni une ni deux, pépé s’est fait la malle en douce pour rentrer, se mettre au vert, au bercail.

Enregistrez moi les mioches : le voyage forme la jeunesse mais peut aussi déformer la vieillesse, alors jamais d’excès de zèle au travail !

Ma queue contre une paire de jambes

Si seulement je pouvais l’enfiler rêvasse la sirène devant un vieux jean délavé abandonné sur un rocher … Moulée dedans je serais la plus belle des reines, admirée par des yeux humains et non plus par ceux de merlans frits que fait la poissonnaille du coin en louchant sur moi.

Je courrais derrière les marins, je ferais des parties de jambes en l’air, des folies de mon corps, je pourrais enfin prendre mon pied. Je dois absolument retrouver la sorcière qui a métamorphosé la nageoire de tata (zic)  en gambettes

Je vivrai un jour mon fantasme d’être aimée sur le sable chaud,  je nagerai un jour dans le bonheur, sereine sous l’écume de jours enfin sucrés …

un navet qui lui coûte cher

Un film qui ne vaut pas une cacahuète lui ouvre l’appétit avec une scène de repas orgiaque. Sorti du cinéma il démarre sa boite à sardines pour aller se péter la panse dans son resto préféré  » Vivre pour Manger « .

Sur la route de son péché de filet mignon, pris en sandwich entre un panier à salade rempli de gibier de centrale en cavale et des poulets (ziquequi canardent, il appuie sur le champignon espérant ne pas finir un pruneau en pleine poire à becter les pissenlits par la racine.

Les carottes sont cuites se dit il avant d’atterrir dans un verger et de tomber dans les pommes.

Il revient à lui au poulailler. Pris pour une grosse légume de la pègre, il y est cuisiné.

Il rajoute de l’huile sur le feu en ramenant sa fraise, traitant les poulagas  « d’extraits de cornichons fermentés dans du concentré de jus de poubelle » puis se fait la belle …

Prière d’oiseau

Reviendras tu bercer mes nuits, noires sans toi ? gazouilleras tu  encore pour picorer de croustillants vers, de bec-à-bec, au nid ? oui, oui , oui ! mes ouïes grandes ouvertes n’espèrent que ton chant de retour !  nous pataugerons encore dans la boue de la rivière chasser les têtards pour nos pique-niques fêtards, nous plongerons encore dans son eau rafraîchir nos cerveaux embrumés, nous nous sécherons encore au vent tiède, nous roucoulerons encore sous le soleil, les étoiles … libres et heureux  jusqu’au jour où j’ai pépié un peu trop fort …tu t’es envolée voir d’autres cieux …

Si tu tardes  (chanson triste) encore, j’irai te chercher, je te tiendrai serrée tout contre moi, pour toujours ! jamais plus, je ne te ferai de mal, je te le promets de ma plus belle plume, bijou de ma vie rabougrie sans toi.

Mises en bière de mars 🍺

La famille Boissec travaille dans la confection de bières. Mais l’affaire ne gaze plus, ses éventuels clients tardant à rendre leurs derniers soupirs, un formidable stock de sarcophages lui reste sur les bras. La tribu de Vikings, qui ne fait pas dans la demi-mesure se lance alors dans la fabrication d’un autre style de bière : la bibine !

gk0enl50

La petite dernière du clan, la distinguée Vera,  véritable gueusesse qui aime se faire mousser, met la pression. La galopine prescrit avec un parfait sérieux à ses malades des canettes à un prix raisonnable, prometteuses non de ridicules gueules de bois mais de belles caisses.

Les morts subites s’ensuivent à la vitesse d’une valse tango, tant et si bien que tous les cercueils seront écoulés en toute impunité.

La famille gorgée de liquide, brasse encore et encaisse toujours.

Sentence éléphantesque 🐘

enki bilal

Il veut s’endormir du sommeil éternel quand survient la bête de fer. Elle brise l’harmonieux silence du lieu sacré qu’elle saccage sur son passage sans compassion pour l’éléphant blessé, sans respect pour son ultime repos … lui est digne, la bête indigne, lui barrit doucement sa plainte, la bête sans l’entendre vrombit implacablement son feu, lui est noble, elle sans noblesse s’enfuit sans aucun regard pour lui … Alors il use ses dernières forces pour hurler à la mort si fort que déstabilisé le lâche tas de ferraille trompeur déraille.

Quelle que soit notre maigreur, nous autres éléphants aurons toujours plus de couilles que nos ennemis !!!