Un pince sans rire

Souris Carrie, dit il devant ma tête dentairement, montre tes belles quenottes ajoute t-il en exhibant fièrement ses trophées. Regarde, le propriétaire de celles-ci a claqué en jouant à la roulette russe, je lui ai donc offert sa dernière couronne. Ces chicots étaient ceux d’un déraciné qui sucre maintenant les fraises, ces dents en or celles qu’un pianiste m’a laissé en règlement de la note de son clavier …

Il continue ses anecdotes dantesques, tandis que prise en tenaille entre douleur et terreur, je pète finalement un plomb et saute du fauteuil !

Et, le blouse du dentiste de Boris Vian chanté par Henry Salvador

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Quand l’agnelle se pèle

J’en ai par dessus le dos qu’on me déshabille de mon manteau, qu’on me pelote sans aucune considération pour ma pudeur, qu’on ne voit en moi que du poil de la bête, qu’on qualifie bêtement ma laine de vierge alors que des saute-moutons l’ont fortement entachée. J’en ai par dessus le dos d’être mise à nue se plaint une brebis égarée, en bavant d’envie devant mon gros tricot. Vous me rasez !!!

oui, aujourd’hui, je l’ai mauvaise, l’haleine s’en ressent d’ailleurs ajoute t-elle devant mon recul.

Je l’enroule alors d’une longue écharpe de j’aime, et la ramène au bercail où un vent d’insoumission commence à souffler.

Historiette à la gomme

Micheline quitte son chemin, gonflée par son train-train.
Elle crève d’envie de prendre des traverses.
Elle se fiche des limitations de vitesse,
met toute la gomme en serrant ses boudins
Point démontée, elle fonce sans crier gare,
roule à fond la caisse,  hilare.
Elle a perdu la tête, elle est à voile et à vapeur
Faut dire qu’elle a un ticket avec une jolie estafette !
Mais l’increvable Bibendum, jamais à plat, stoppe la déjantée,  la rechape, puis l’engrosse de 2 mômes, pas des bébés Cadum à la peau lisse, mais des bébés caoutchouteux qui s’éclatent en imaginant le gout du goudron que boiront leurs roues déjà assoiffées de pétrole.
Alors, juste par amour pour ses petits pneumatiques Micheline reprendra le droit chemin ! :mrgreen:

Et bien, mon cochon !!! 🐷

Amené devant une alléchante gelée,  un tout mignon porcelet de lait patauge dans cette confiture inespérée, cadeau du gamin de la maisonnée avec lequel il est copain comme cochon.Gonflé à bloc par cette gelée hyper vitaminée, il engraisse à vue d’œil. Le cochon sommeillant en lui s’est réveillé. Une fois son caractère de cochon affirmé, à force de  gloutonneries, il s’envolera vers sa destinée, fera son petit tour de cochon dans l’univers en prenant garde toutefois à ceux avec lesquels il n’a jamais partagé de bonnes cochonneries …

Il se démerdera, dans sa vie de cochon, pour toujours arriver à bon port  …

Mauvais polar

Prise pour une pomme par de sacrés lascars, elle se retrouve, à l’heure de ses pépins un peu flétris, dans un cirage noir de noir. Elle a beau crier « dépêtrez moi de là » les ringards qui se sont régalés de ses écarts, n’en ont rien à cirer. Le ramassis de vicelards, qu’elle ne peut plus voir en avatar, se brossent du pot de peinture qu’ils ont seulement cueilli pour soulager leurs polards au plumard.

Bel et bien entubée, elle essaye de sortir à la force de ses petits bras de son magistral coup de Trafalgar.

Trop tard, elle n’a pas mangé d’épinards !!!

Heureusement par un heureux hasard, ou bien une bienheureuse empathie, un gars bonnard, sorti de nulle part sinon de son grand espoir, l’extirpe de son cauchemar.

Tous deux signeront des tubes signés « Nos pas à part « 

Quand les murs se resserrent …

De grosses huiles, non vierges de péchés, appâtent les petites sardines avec leurs hameçons visqueux au bout desquels pendent des ragots trafiqués, qu’elles gobent sans se poser de questions quant à leurs origines.

Agglutiné dans des boites, quoique conservé de façon optimale à l’aide de produits illicites permis, et bien qu’ayant perdu la tête, ce menu fretin se demande de temps à autre si son sort s’arrête à une vie de sardinânerie sans queue ni mémoire ?

Brisera t-il un jour ses murs de fer afin que l’affaire toujours plus florissante des crocos d’huiles, aux rires jaunes, tourne au vinaigre ?

Télépathie

Pendant que cuisent ses raviolis intégralement réalisés de ses propres pattes, pendant que Riga Tony rêve de les partager avec un petit oiseau qu’il caressera de ses grosses pattes, Cannelle ( clic) , au nid lointain du sien, Cannelle aux longs spaghettoni d’ange noir, mijote de son coté des nouilles de riz qu’elle rêve de partager avec un exotique macaroni , qu’elle régalera de ses gourmandises sucrées-salées …

Leurs fourchettes et baguettes télépathes se réuniront elles pour un bouche à bouche de pâtes et ce pas pour l’épate !

Vé !!! une nouvelle vie !

Il bave d’envie devant l’invraissemblable vaisseau spatial garé devant l’Évêché * :Vé ! * la vache ! visionne c’tte merveille!  on l’chourave?  Tu pars en vrilles Vincenzo?  Me gave pas, Vincenzo le vainqueur vole et s’envole avec ce qu’il veut!
Mon vier, on va se viander grave ! vomit le copain, voyou vantard, sans envergure, qui se volatilise ventre à terre sur sa vespa, pour se vautrer à tombeau ouvert vers la mésaventure.
D’un vigoureux coup de tournevis, Vicenzo, vieux cow boy en cavale, ouvre le véhicule. Vroom!  l’Ovni  vrombit, il s’évanouit loin de la ville, devant d’aveugles flics,  invétérés ivrognes qui cuvent leur vinasse.

Vincenzo Vélor (zic ) vétéran ventripotent de la Malavita se retrouve vis à vis avec un chef d’oeuvre, une vamp Vénusienne, qui lors de leur vadrouille dans l’univers, lui dévoilera des vérités …Il virera son viagra , retrouvera ses vingt ans et vivra sa veine!

* Vé : regarde en Marseillais *Evêché : caserne de police à Marseille 

je ne vous carotte pas !

Un aoûtien se réveille dans la maison prêtée par un ami, ouvre grand la fenêtre. Brûlé par un soleil tapant, il saute au plafond sur lequel il rampe afin de se rafraîchir dans la salle de bain. Sur les canines il vole jusqu’au frigo, y dégote un sandwich au Tartare , que dégoûté il déglutit sur une chauve souris endormie sur l’évier. Aucun doute, elle l’a vampirisé.

Accablé par ce brutal coup du sort, ce végétarien endurci plantera, l’obscurité venue, ses dents dans une énorme carotte du potager. Contaminée, la carot’ haine croquera le cou de ses sœurs, lesquelles grignoteront ceux de leurs voisins haricots…

Les carottes sont cuites, la faim guette les haricots … Un panier à salade cueillera t’il ces nouveaux barbares avant que leur effet mordant ne cannibalise d’autres espèces ?                                                                                     Parce qu’y a de quoi se faire du mauvais sang …

Double toit !

J’ai une tante rock’n’roll, une exquise canadienne, d’un certain age. Je vis cet été à ses crochets, planté avec elle dans son champ de blé, complètement fauché. Mais, elle se déchire tellement aux élixirs qu’elle me rend marteau : imperméable à mes tentatives de rafistolages de sa toile grêlée par toute une vie exposée aux intempéries, elle tombe toutes les nuits au tapis.

Je lui offre alors des sardines fraîches, ou bien des maquereaux , ses mets préférés,  puis la redresse. Comme elle a encore de l’étoffe, elle se tient quelques temps, bien fixée sur ses fils de fer, aussi droite qu’un piquet, puis s’écroule à nouveau.

Elle s’est couchée en pleine nuit dans ma chambre, étalée sur moi, complètement démontée ! J’ai dégrafé sa fermeture éclair pour la détendre. Elle m’a sommé de décamper, traité de gigolo, m’a sommé d’aller finir l’été sous le toit d’un tonton plagiste, qui lui , dispose de jeunes tentes droites, bien dressées et élevées, elles  😮