Vé !!! une nouvelle vie !

Il bave d’envie devant l’invraissemblable vaisseau spatial garé devant l’Évêché * :Vé ! * la vache ! visionne c’tte merveille!  on l’chourave?  Tu pars en vrilles Vincenzo?  Me gave pas, Vincenzo le vainqueur vole et s’envole avec ce qu’il veut!
Mon vier, on va se viander grave ! vomit le copain, voyou vantard, sans envergure, qui se volatilise ventre à terre sur sa vespa, pour se vautrer à tombeau ouvert vers la mésaventure.
D’un vigoureux coup de tournevis, Vicenzo, vieux cow boy en cavale, ouvre le véhicule. Vroom!  l’Ovni  vrombit, il s’évanouit loin de la ville, devant d’aveugles flics,  invétérés ivrognes qui cuvent leur vinasse.

Vincenzo Vélor (zic ) vétéran ventripotent de la Malavita se retrouve vis à vis avec un chef d’oeuvre, une vamp Vénusienne, qui lors de leur vadrouille dans l’univers, lui dévoilera des vérités …Il virera son viagra , retrouvera ses vingt ans et vivra sa veine!

* Vé : regarde en Marseillais *Evêché : caserne de police à Marseille 

je ne vous carotte pas !

Un aoûtien se réveille dans la maison prêtée par un ami, ouvre grand la fenêtre. Brûlé par un soleil tapant, il saute au plafond sur lequel il rampe afin de se rafraîchir dans la salle de bain. Sur les canines il vole jusqu’au frigo, y dégote un sandwich au Tartare , que dégoûté il déglutit sur une chauve souris endormie sur l’évier. Aucun doute, elle l’a vampirisé.

Accablé par ce brutal coup du sort, ce végétarien endurci plantera, l’obscurité venue, ses dents dans une énorme carotte du potager. Contaminée, la carot’ haine croquera le cou de ses sœurs, lesquelles grignoteront ceux de leurs voisins haricots…

Les carottes sont cuites, la faim guette les haricots … Un panier à salade cueillera t’il ces nouveaux barbares avant que leur effet mordant ne cannibalise d’autres espèces ?                                                                                     Parce qu’y a de quoi se faire du mauvais sang …

Double toit !

J’ai une tante rock’n’roll, une exquise canadienne, d’un certain age. Je vis cet été à ses crochets, planté avec elle dans son champ de blé, complètement fauché. Mais, elle se déchire tellement aux élixirs qu’elle me rend marteau : imperméable à mes tentatives de rafistolages de sa toile grêlée par toute une vie exposée aux intempéries, elle tombe toutes les nuits au tapis.

Je lui offre alors des sardines fraîches, ou bien des maquereaux , ses mets préférés,  puis la redresse. Comme elle a encore de l’étoffe, elle se tient quelques temps, bien fixée sur ses fils de fer, aussi droite qu’un piquet, puis s’écroule à nouveau.

Elle s’est couchée en pleine nuit dans ma chambre, étalée sur moi, complètement démontée ! J’ai dégrafé sa fermeture éclair pour la détendre. Elle m’a sommé de décamper, traité de gigolo, m’a sommé d’aller finir l’été sous le toit d’un tonton plagiste, qui lui , dispose de jeunes tentes droites, bien dressées et élevées, elles  😮 

Et un pauvre diable créa une femme

Je veux une compagne, je m’ennuie comme un rat mort sous ce soleil de Satan trépigne un vieux petit bonhomme !

Aidé d’un grimoire il élabore un élixir sensé créer une femme du tonnerre d’Éros, auquel il rajoute du doux pelage de chat, des poils de moustache d’une souriante souris, des plumes de rossignol, des pétales de fleurs, de savoureux fruits … toute la joliesse de la nature qui l’entoure, sans oublier le petit morceau de courge, afin qu’elle ne soit pas plus intelligente que lui  !

L’apprenti sorcier fait mijoter ces ingrédients dans un beau cul de poule. Abracadabra, sors de là poupée ! s’exclame t-il euphorique, en flambant le tout avec un rhum de derrière les fagots dont il a  abusé …Une merveille surgit des flammes !

Merde alors ! s’exclame t-il apercevant les boites vides de cœurs d’artichauts et de foie de morue, ajoutées par erreur …

Un coup fumant

Un type patibulaire, au regard désabusé, au visage balafré, au cou décoré d’un piercing tape à l’œil dévore sur la Canebière un merguez frite. Un violent mistral souffle les frites du sandwich. Subjuguée par cet irrésistible spécimen de vieux loup rapiécé qui n’a plus la patate, une Marseillaise s’émeut  … Il lui donne une telle fringale que tout de go elle l’invite à manger des pâtes au pesto chez elle. Mais catastrophe sa bouteille de gaz est vide.

Le type fulmine » Qu’est ce que tu fous nom d’une pipe! », caresse en sifflotant un air lugubre son cran d’arrêt, se dirige lentement vers elle, empoigne sa chevelure, lui souffle à l’oreille « Pendant que je fume poulette fais moi un jambon beurre et après, on jouera à mon jeu préféré »

Elle savait bien qu’il n’était pas bonhomme à se mettre en pétard juste pour l’épate !

Cruelle poubelle

Sans relâche elle traque des inoffensifs qui ne veulent qu’échapper à leurs destins de déchets. Aussi acharnée qu’un chien policier elle ne lâche jamais le morceau. Dressée pour faire respecter la discipline, la matonne matrone n’accorde aucun sursis à ces futurs broyés, aux permis d’exister périmés.

Je l’ai surprise dans l’une de ses persécutions et lui ai fait un croche-patte !

Les 4 fers en l’air la pas belle a rugi des appels à l’aide tandis que ses prisonniers ont pris la clef des champs avec des hourras de joie.

Ce sont les paysans du coin qui ne vont pas être contents 😀

Elle était trippante

Elle est là, au milieu du rock garage. Sa vue lui donne tellement de cœur au ventre qu’il joue sans répit, avec ses tripes, pour qu’elle daigne enfin lui jeter un regard. Il hurle du fond de ses entrailles son chant de loup.

En folie sur son crane sa banane en danse de crânerie. Mais la sorcière adorée ayant d’autres chats à fouetter, ce pitre n’est pas son trip, s’envole avec, agrippés à ses longs cheveux noirs, des chauves saouls qui rient, à s’en péter la bedaine, de lui

Mauvais trip. Les viscères à l’air, il est bienheureusement guéri de sa passion tord boyaux par son gros colon, lequel remet avec un grand point final tout en ordre dans sa peu banale querelle intestinale.

Pépé le tatoué

Ah ! les jeunes j’ai bourlingué, matez mes tatouages. C’est pas pour rien que je suis tout cabossé avec des valoches sous les yeux. J’ai fait le tour du monde, toujours bourré, à bloc, et j’y mettais le paquet, j’avais du coffre.

Alors, pour ne pas perdre sa caisse pépé avait plus d’un tour dans son sac : je me délestais du superflu, à l’insu de mon patron qui de toute  façon planait tout le temps, et allégé je continuais!  A l’époque on avait pas de roulettes, mon seul bagage était ma force.

Heureusement que je suis un dur en cuir parce que j’en ai vécu et pas que du beau. J’en ai bavé sur la route de Katmandou. J’ai failli finir la peau trouée dans un trek. Alors ni une ni deux, pépé s’est fait la malle en douce pour rentrer, se mettre au vert, au bercail.

Enregistrez moi les mioches : le voyage forme la jeunesse mais peut aussi déformer la vieillesse, alors jamais d’excès de zèle au travail !

Ma queue contre une paire de jambes

Si seulement je pouvais l’enfiler rêvasse la sirène devant un vieux jean délavé abandonné sur un rocher … Moulée dedans je serais la plus belle des reines, admirée par des yeux humains et non plus par ceux de merlans frits que fait la poissonnaille du coin en louchant sur moi.

Je courrais derrière les marins, je ferais des parties de jambes en l’air, des folies de mon corps, je pourrais enfin prendre mon pied. Je dois absolument retrouver la sorcière qui a métamorphosé la nageoire de tata (zic)  en gambettes

Je vivrai un jour mon fantasme d’être aimée sur le sable chaud,  je nagerai un jour dans le bonheur, sereine sous l’écume de jours enfin sucrés …

un navet qui lui coûte cher

Un film qui ne vaut pas une cacahuète lui ouvre l’appétit avec une scène de repas orgiaque. Sorti du cinéma il démarre sa boite à sardines pour aller se péter la panse dans son resto préféré  » Vivre pour Manger « .

Sur la route de son péché de filet mignon, pris en sandwich entre un panier à salade rempli de gibier de centrale en cavale et des poulets (ziquequi canardent, il appuie sur le champignon espérant ne pas finir un pruneau en pleine poire à becter les pissenlits par la racine.

Les carottes sont cuites se dit il avant d’atterrir dans un verger et de tomber dans les pommes.

Il revient à lui au poulailler. Pris pour une grosse légume de la pègre, il y est cuisiné.

Il rajoute de l’huile sur le feu en ramenant sa fraise, traitant les poulagas  « d’extraits de cornichons fermentés dans du concentré de jus de poubelle » puis se fait la belle …