ils ne sont pas encore au bout du rouleau

Fleur souriante elle fait pourtant tapisserie dans un bal pour célibataires endurcis ! Mystère et boule de gomme se dit un homme charmé par cette décoration .

ça tombe bien, il est tapissier et preneur d’une aussi belle oeuvre, lui offre une pâtisserie, ça tombe bien, elle est pâtissière et preneuse de douceurs !

Il la décolle de sa chaise.

Mais tous deux ont un recul : elle est beaucoup trop peinturlurée pour être honnête pense monsieur, il a une trop grosse brioche, il va couler mon commerce pense madame  …

Ils se mettront pourtant à la colle pour léviter ensemble …

Elle le menacera souvent de son rouleau à pâtisserie quand il la traitera de pot de peinture, il clouera souvent son bec quand elle lui reprochera de manger sa boutique, mais leur vie à deux sera un inépuisable gâteau !

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Qui s’y frotte s’y pique !

Des fourmis ouvrières discutent de leur âpre vie de labeur, entièrement consacrée à leur reine, une esclavagiste morfale qui se goinfre à longueur de temps des victuailles transportées sur leurs dos courbaturés, sans jamais récompenser leur dévouement sans bornes.
Soudain, une odeur sucrée émoustille les antennes des compagnes .
Elles en frémissent tellement de plaisir qu’elles négligent, pour la première fois de leur existence de soumission,  leur mission du jour.
Après prospection, elles découvrent un paradis de fraises juteuses à souhait, s’y ruent dans un élan spontané de gourmandise, s’en délectent, et y construisent un savoureux nid de bonheur.
C’est ainsi qu’est né le peuple, sans reine, des petites fourmis rouges au parfum de fraise, joyeuses fourmis  prévoyantes, car équipées d’un dard dont elles piquent ceux qui se frottent inconsidérément à elles.
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pépin le bref ☔️

Il vend des pépins jusqu’à Perlimpinpin mais les combines dans lesquelles il trempe le bassinent. Et puis sa petite baleine chérie lui a administré une douche glaciale : elle est partie au large prendre des bains de soleil. Cette goutte d’eau amère fait déborder son vase déjà dégoulinant d’ennuis.

Noyé dans son vin pour y couler son chagrin, il roule sous l’orage. Pris d’un subit noir désir de faire le grand plongeon il s’arrête et ramasse une solide corde tombée du ciel. Il mouille abondamment sa chemise pour l’accrocher à une branche. 

Rincé jusqu’aux os, il la noue à son cou, ouvre en un éclair un pépin, pour passer ses derniers instants au sec et plouf, il saute.

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Mais Jupiter, terre à terre, veille et foudroie le parapluie. Sain et sauf, barbotant dans une flaque boueuse, le pépin  salvateur raide à ses cotés, il rira de lui même au soleil levant…

des 🥖🥖 🥖 pas volés

Deux amies dans le pétrin faute de boulot trouvent dans une boulangerie de quoi gagner leurs croûtes.

Mais, menées à la baguette par un patron qu’elles surnomment « le bâtard » car trop de pain sur la planche, des courses du four au moulin pour des bouchées de quignons rassis, elles deviennent plus maigrichonnes que des flûtes, tandis que lui engraisse sa brioche.

Un matin de pluie battante elles arrivent en retard trempées comme des soupes.

La gueule enfarinée, le bâtard industriel entame une tartine  indigérable de grossièretés, et de sa patte tripote leurs miches.

Les pains qu’elles lui collent dans le gras du bide lui font dégurgiter une galette de gluten. De ficelles elles le ligotent, d’une couronne d’épis elles le coiffent, dans sa bouche pâteuse elles enfournent un pistolet Belge et avec son tiroir caisse elles s’offriront des tas de restaurants.

et en dessert 😀  les frais Collins Kids, bons comme du bon pain.

Quand un coiffeur décoiffe !

Il vient de s’installer dans le coin. Il parait que ses coiffures sont du dernier cri, qu’il a des ciseaux de fée, des doigts de fer dans une main de velours. Je me fais pourtant quelques cheveux blancs en entrant dans son salon car il n’y a ni les 3 pelés et 1 tondu espérés, pas même de boules à zéro, ni aucune coupe qui n’a pas eu de bol. Une clientèle inexistante, qui au moins ne se crêpera pas le chignon. Mais, les clic-clac incessants de ses cisailles ne sont pas pour me rassurer.

Mes cheveux dressés sur ma tête , il ne me ratera pas ! en deux temps, trois mouvements il me règle mon affaire.

Ouf, je m’en tire bien, avec un carré digne de celui de la divine Cléopâtre.

1963, CLEOPATRA

J’ai gagné mon pari avec le village froussard et retrouvé du poil de la bête avec mon porte monnaie garni de pépètes

Quand un stylo perd son style

Un stylo est en peine !  il sèche, se noue, devient tortueux, incompris voir presque illisible. La main qui le manipule depuis des années n’a ces derniers temps plus grand chose de joliment neuf à lui notifier, hormis les belles choses du printemps et de ses amours, mais beaucoup de vilaines choses à lui faire cracher sur l’hiver du monde. Pourtant il reste vaillant, son œil vigilant guettant forces et défaillances de celle qui le manipule avec son gré. Il attend attentif à ses désirs.

Il attend confiant que libérée de ses peurs elle le délivre, pour écrire avec elle ce que ressentent leurs plumes et tous deux soulagés s’envoleront ensemble…

l’arroseur arrosé

Il enfourche sa moto pour aller voir le super tuyau conseillé par un ami. Quelle plante rarissime ! s’exclame t’il arrivé à destination, complètement sous le charme de la jardinière en tenue exotique qui sème des graines en faisant d’affriolants ciseaux. Vais je oser inviter cette fleur à boire un pot au risque de me prendre un râteau ?

Il ose ! l’arrose même à la pelle de compliments au ras des pâquerettes. Elle l’ignore en tournant avec mépris sa jolie tête. Quelle bêcheuse ! Comme il a également une tête de pioche, il lui propose innocemment, en mettant toutefois des gants, non seulement de tondre son gazon mais aussi de labourer son potager. Menacé d’une faux et arrosé d’un jet cinglant d’eau froide, il fuit.

Il ne l’a pourtant pas conviée à découvrir son outil d’amour, ni tenté de l’effeuiller de ses grosses paluches , mais il a un peu trop piétiné ses plates bandes, de ses pieds de bœuf mal dégrossi .

humour noir du soir , en couleur

Cauchemar en vert de Fredric Brown ( 1961 )

ll se réveille,  prend conscience de la grande décision prise en cherchant le sommeil. Cette décision, il faut qu’il s’y tienne sans faiblir. S’il veut recommencer à se sentir un homme à part entière, il doit exiger de sa femme qu’elle consente au divorce. Cette issue est inévitable, depuis le début de leur mariage, six ans auparavant. Être le mari d’une femme plus forte que lui, sur tous les plans, n’est pas simplement intolérable, mais cela a peu à peu aggravé sa faiblesse, sa faiblesse sans espoir.

Sa femme non seulement peut le surpasser en tout, mais le surpasse en tout. Véritable athlète, elle le bat sans difficulté au golf, au tennis…Elle monte mieux à cheval, marche plus vite que lui, conduit mieux qu’il ne le fera jamais. Imbattable dans tous les domaines, elle l’écrase au bridge, aux échecs, au poker auquel elle joue comme un homme. Plus grave encore , elle a peu à peu pris en main son entreprise avec la gestion de ses fonds ; non seulement elle est capable de gagner plus d’argent qu’il n’a jamais rêvé d’en gagner, mais elle y arrive.
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L’est démerdard l’avatar

Coincée par hasard dans une bagarre de bar,

les tentacules d’un calmar pochard me mettent dans le coaltar.

Mais un homme-lézard me sort du canular.

Il tranche les bras du connard en rondelles de sauciflard.

Elles sont surgelées pour les viandards,

et je continue dans sa Jaguar.

L’est pas bavard le lézard ,

faut dire qu’il en bave dans l’enfer du Tartare !

 

mais, blague à part, c’est pas vraiment avec moi qu’on se marre,

c’est aussi un cauchemar de fréquenter une femme-cafard.

Pourtant y’a pas de lézard !

on trouvera un accord fêtard,

qui sait peut être au plumard ?

Sous sa peau de dur pour cuir l’a un cœur d’or ce lézard …

petite horreur du jour !

Hilare à l’idée de se remplir  la tige de steaks bleus de mouches noires, de cranes craquants de moustiques écervelés, de gluantes limaces fondantes sous sa langue, une magnifique fleur toute en bouche rit à gorge déployée devant l’abondant casse croûte que le vent souffle. Nul souci à se faire pour son repas d’aujourd’hui ni pour ceux des jours prochains !

Mais, le sirocco transporte des milliers de sauterelles, elles aussi affamées, qui ne feront qu’une bouchée de la belle.

Effeuillée par de dévorants bouche-à-bouche , une boucherie, il ne restera de sa gloire qu’une mâchoire claquante .

Elle n’aura, pauvre diablesse, ni fleurs ni couronnes …