Adieu Lucy

une nouvelle  d’Henri Gougaud ( écrivain, poète, et chanteur )

Tous ses voisins adoraient Lucy Quimby. Elle était gaie, discrète, serviable, la bonté même. Les jeunes cadres un peu snobs du quartier l’estimaient quelconque –  un peu boulotte, un peu courte sur pattes, un peu trop blonde – mais dans son regard ensoleillé pétillait une telle gentillesse qu’il suffisait qu’elle vous dise « bonjour », de grand matin, à l’heure où l’on achète son journal, pour que l’on se sente aussitôt d’humeur allègre et que l’on ait envie d’embrasser ses deux joues rebondies.

C’est ce qu’avait fait Joseph Quimby. Un jour de printemps, courant à son bureau, la serviette sous le bras, il l’avait rencontrée, revenant du marché, son panier débordant de carottes et de salades. En passant elle lui avait dit un mot aimable avec, dans l’œil, son bon sourire. Alors pris subitement de folie fantasque, il l’avait serrée sur son cœur. Trois mois plus tard, il l’avait épousée. Depuis, Joseph et Lucy étaient aussi heureux qu’on peut l’être en ce bas monde.

Pourtant, malgré l’amour qu’elle portait à Joseph, la bonne Lucy ne lui avait jamais avoué l’étrange,secret qui faisait d’elle une femme hors du commun: elle était sorcière. Sa grand-mère – une fieffée mégère, elle – lui avait appris avant de mourir quelques incantations assez efficaces pour lui permettre de se transformer en n’importe quel animal. Lucy avait le pouvoir d’entrer à volonté dans la peau d’un chat de gouttière ou d’une souris de salon, d’un tigre ou d’un dragon flamboyant, les monstres légendaires n’étant pas exclus du catalogue. Mais elle n’abusait pas de ce don. Elle en usait avec la plus extrême discrétion. Sans doute, de temps à autre, allait-elle voleter, abeille parmi les abeilles, autour des fleurs de son jardin, mais elle ne poussait jamais plus loin l’extravagance. Lire la suite

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quand des grolles ne sont plus drôles

Babouchka, la ballerine, héberge sur sa péniche, Clarck, vendeur de sarcophages, un traîne-savates qui lui colle aux baskets,  lui roule des bateaux de patins, dont elle n’a plus rien à cirer. Ce soir,  l’obstinée tête de mule, barque avec ses gros sabots, d’énormes valises sous les yeux, et complètement dans le cirage, soul à lier, lui fait toute une tartine pour des asperges mal cuites. Il ne la délasse plus mais la lasse. 

expression : trouver chaussure à son pied dans jouer avec les mots - expressions rqhs73kkElle en a plus que plein les bottes de ce Totoche  , voudrait trouver tatane à son peton,  un va nu -pieds pantouflard ferait son délice .

Aussi pour qu’il prenne ses cliques sans claques, remplace t-elle  ses asphyxiantes par des caisses à fleurs. 

Viva la mia strega ❣

Ô sole mio ! che meraviglioso giorno, sono innamorato pazzo d’un fiore rosso

Quesaco ? hurle le dirlo, encore toi l’ostrogoth che canta falso ! stoppe ton numéro et directo au boulot !

Povero dirlo pas rigolo. Tu nous rends paranos. Même pas l’droit de chanter au bureau. On se croirait dans un scénario del medioevo.

Toi mon coco vas y mollo, sinon au pain et à l’eau. Et tu copieras cent fois : je suis un zéro. Obéis ou alors tu finiras clodo.

Sei un fascista cretino e io non sono un agnello, allora non ti tiro il mio capello,. Vai al diavolo bruto stronzo …è basta il tuo lavoro da matto !

Che felice che sono adesso, libero come un uccello. Vado subito a cantare il mio amore per la mia  bellissima strega al mondo intero …

Super 🌟Nova

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Solitaire, je me languis sous les étoiles. Un immense manque de tendresse me rouille, m’écrabouille. Crée par un homme de fer qui n’a jamais voulu exaucer mon souhait d’avoir une compagne, par peur que je ne néglige mes taches de robot à tout faire, je dépéris lentement. Je médite sur mon immortelle solitude, en mal d’une sœur de cœur qui la partage, quand une lilliputienne étoile filante tombe du ciel.

Compatissant à la détresse de la céleste aussi esseulée que moi , je la recueille. Ô miracle de mon  désir intime, une fleur vivante au cœur d’or naît .

.

Dans la chaleur de ses pétales, je rajeunirai d’une éternité  ….

Quand une vieille tête d’ampoule a encore du jus

Je ne suis plus au courant, débranchée qu’ils disent, moi qui carburait au 220 volts, plus rien ne m’électrise parait il. J’aurais soi disant de la neige dans la tête.

Faut dire qu’à force de les illuminer gentiment sans cesse, ce, sans retour de flammes, j’ai perdu de ma lumière extérieure et je suis à présent grillée à leurs yeux, éteinte à leur dire. Je ne les éclaire plus assez, aussi veulent ils me remplacer  par une jeunesse smart intelligente. La hors circuit va donc éclairer leurs lanternes, avec un petit court circuit juteux, et ouais 😬,  ils vont voir de quel bois l’obsolète se chauffe.

Qui se frotte trop à ma douille en prend plein la bouille …

guili-guili 🖐🏿

Chaque jour, aussi légère qu’une plume, elle rampait sur le tendre cou blanc qu’elle caressait de ses longs doigts noirs, si agiles. Conquise par cette originale masseuse au doigté si câlin, la jeune fille la gardait à l’abri, sous son épaisse chevelure. Elle avait une totale confiance en cette menotte au tour de main sans bavure, savait qu’elle ne lui jouerait jamais de mauvais tours, et, se disait  simplement qu’elle découvrirait un jour le secret de cette étrange créature…

Quand un 🐘 ivoirien voit rouge

 

Toute une vie à faire le pitre dans ce cirque, toute une vie que je tortille en musique mon popotin, toute une vie sans nulle défense, une vie de soumission aux exigences d’un maton – Heureusement, l’affection d’enfants, qui ne comprennent pas que je fais mon numéro forcé par un idiot, me console un peu -et dire que ce crétin d’eau douce m’a même déguisé en sapin pour noël 😬

Mais je vais péter une durite et ma trompe caressera le museau de cet esclavagiste à l’ego mammouthesque.

Qui embrase trop se retrouve le museau dans ses mégots

Sur son nuage noir les neurones en éventail,

il baille.

Enfumé il attend goulûment,

en clopant,

que ses belles tombent sur ces Docs, pèle-mêle

et lui roulent de brûlantes pelles.

Mais ce soir les nanas en ont marre

de ce Casanova et de ses cendars.

Ne sachant plus sur quel saint se reposer

 sur quelle bouche coller des patins

l’allumeur en perd son baragouin 

et se fait incendier 

par celles qu’il veut consumer.

Les Cendrillons lui diront Ciao  

lui piqueront son magot  

laissant moisir son ego dans ses mégots !

Mais une reviendra le sortir de son chaos

❣❣❣

Quand un escargot en a plein le dos

Il est une fois un colimaçon débonnaire qui voyant sur son chemin un frère qui fait du coquille stop, le convie à partager sa chambre jusqu’à ce qu’il en dégote une. Son hôte très lymphatique lui pourrit vite la vie de ses exigences de ventre et son lit de ses excréments.

Sa maisonnette hier proprette est aujourd’hui un bordélique taudis.

Elle s’effrite sous le poids de la limace boulet que notre colimaçon routard, mais ni franc-maçon ni coureur d’élite, s’escrime pourtant à traîner sans relâche.

Il en a plein les cornes et dépressif sera sauvé in extremis par l’invitation d’une tortue amie l’appelant à la rejoindre aux Galapagos.

Il y caracolera nu et en quatrième vitesse, laissant le parasite squatteur se sortir comme un grand de son caca.

cocktail du soir

Tu dis que tu aimes les fleurs et tu leur coupes la queue, tu dis que tu aimes les chiens et tu leur mets une laisse, tu dis que tu aimes les oiseaux et tu les mets en cage, tu dis que tu m’aimes alors moi j’ai peur.

Jean Cocteau

Et je n’ai peut être pas tout à fait tort d’avoir peur puisque tu viens de m’offrir, ce, en te pendant à mon cou, une boite avec une drôle de cravate dedans, pour notre premier anniversaire de mariage .  Heureusement que je sais que tu as de l’humour mon amour …mais sait on jamais avec l’amour ?