la vilaine tendre bestiole

Quand ils me voient, les grands cons me rient au nez, les garnements se fendent la poire. Tous ont tellement vu de faux monstres sur les écrans, qu’ils pensent que je suis déguisée, moi, qui suis pourtant une authentique erreur de la nature.

J’ai beau rouler des yeux terrifiants ( j’en ai un qui dit merde à l’autre) pousser des hurlements (d’une voix de crécelle), sortir mes dents pointues (cassées et cariées), des griffes (en plastique), je ne provoque que l’hilarité générale ! et puis, je suis ridiculement petite.

Mais pourquoi veux tu être si abominable ?

je suis trop bébête, trop bonne, alors on m’a sans cesse roulée comme un gnocco (clique) dans la farine. Pour ne plus pleurnicher sur mon sort, j’ai donc décidé de devenir plus méchante que tous ces cuistots d’opérette …Mais j’y arrive pas 😥, j’ai toujours mon innocent cœur d’enfant …

et la vie pourrait être si douce si personne ne le perdait !

Allez viens bestiole, je suis esthéticienne !

Le miroir déformant

Nous sommes entrés dans le salon, ma femme et moi. Il y régnait une odeur de mousse et d’humidité. Dès que nous avons éclairé les murs qui n’avaient pas vu de lumière depuis un siècle, mille souris et rats se sauvèrent de tous les côtés. La porte refermée, un souffle de vent agita les papiers entassés dans les coins. L’éclairage nous permit de discerner des caractères anciens et des dessins du Moyen Age. Les portraits de mes ancêtres tapissaient les murs verdis par le temps. Ils me regardaient d’un air sévère comme pour dire : tu mérites une correction, petit!

Nos pas résonnaient dans la maison. Le même écho qui répondait jadis à mes aïeux renvoyait le bruit de ma toux. Le vent gémissait et hurlait. Un sanglot sortait de la cheminée, un désespoir. De grosses gouttes de pluie frappaient les vitres opaques, éveillant la tristesse.

Ô ancêtres ! dis-je avec un soupir. Si j’étais écrivain, j’écrirais un long roman en regardant vos  portraits. Chacun de vous a été jeune, tous ces vieillards ont vécu leur roman d’amour…Regarde ma bisaïeule. Cette femme  laide et disgracieuse a son histoire. Vois-tu ce miroir accroché dans le coin ? demandai je à mon épouse lui montrant un grand miroir encadré de bronze noirci, près du portrait. Il a des propriétés magiques : il a causé la perte de mon arrière-grand-mère. Elle l’avait payé très cher et ne s’en séparait jamais. Elle s’y regardait nuit et jour, sans arrêt, même pendant les repas, et l’emportait au lit. En mourant elle avait demandé qu’on le mette dans son cercueil. Si sa prière n’a pas été exaucée, c’est que trop grand, il n’entrait pas dans la bière.
C’était une coquette, répondit elle. Lire la suite

Quand Venise surnage …

Elle a déjà les pieds dans l’eau mais aujourd’hui, ce sont les jambes entières. Elle est très souvent ravagée en novembre par l’acqua alta », pic de marée qui inonde ses parties basses. Magasins, bars, restaurants et habitations redoutent cet épisode.

Vaut mieux surélever les objets de valeur , si y’a de la place chez toi, mais les appartements « piano terra » ( rez-de- chaussée ) sont souvent ceux de personnes démunies.

Habitués à ces inondations, les Vénitiens sont équipés de cuissardes, pour aller au boulot, faire leurs courses.

J’ai vécu une fois cet épisode, à moindre ampleur, et c’est crado, ordures et rats nagent dans les rues, les égouts débordent, mais heureusement des passerelles sont montées sur-le-champ, pour ne pas tomber dans l’eau dégueulasse ou pire dans un canal …

Nous avons appelé Bella Mamma là bas, toujours au top, fourmi prévoyante, qui pense toujours à remplir son petit garde manger du nécessaire pour les mauvais jours !

Elle a la chance d’habiter le troisième étage d’un petit HLM 😎

Hippie hippie hourrah !

Nous avons demandé à une association d’accueillir pour les grandes vacances un enfant, mais, y’a eu confusion sur l’age, elle nous a envoyé un grand gosse, qui a débarqué avec sa panoplie …de hippie 

De ses vêtements bariolés à sa guitare sèche, à la fleur  piquée dans sa tignasse, à son pendentif  » Peace and Love « , tout y était. D’un immense sourire, il nous a salués d’un « Too much les amis, trop cool ! Je vous aime. J’arrive de Woodstock  avec un stock de grass « . Puis il a chanté faux en grattant son instrument désaccordé.

ça a duré 2 mois, 2 mois de peace and love à gogo, 2 mois de baveuses embrassades moustachues, 2 mois de chansons fleuries d’amour, mais casse oreilles.

Converti, notre couple casanier s’est métamorphosé en un couple libéré de Babas cool voyageurs. Nous sommes partis, du soleil dans les yeux, des fleurs dans les cheveux, la musique au cœur, les doigts en V, en pèlerinage à Woodstock, San Francisco,  Katmandou et puis ailleurs encore, grace aux conseils de Topito. 

http://www.topito.com/top-destinations-hippies

Depuis on plane  😎

Araignée du midi, quel appétit 😋

J’ai vu le jour dans un laboratoire Marseillais. On m’y soignait aux bonnes grosses sardines, mais à la longue ça a été lassant. Alors, à l’aube j’ai profité d’un instant d’inattention de mes geôliers pour prendre mes pattes à mon cou. J’ai filé en ville et j’y ai semé la terreur (les gens ignorent que je suis pescarienne), mais heureusement, ma bonne étoile m’a guidée chez ce couple. J’espère que leur frigo est rempli de poissons , et du frais .

« Chériiii, on a une araignée au plafond » Bonjour, calme et sang froid ! je suis pacifiste mais faut pas me contrarier sinon je prends la mouche et je fais plus dans la dentelle. Alors ne me donnez pas du fil à retordre.

Allez plutôt me préparer une bouillabaisse, ou un aïoli, ou un carpaccio de thon, ou des crevettes, ou des moules marinières…( tout sauf des sardines). J’ai une faim d’ogresse.

Vous verrez, nous tisserons ensemble de solides liens ❣❣❣

Tout est dans la chanson, ô yeah 🤩

Le ciel est aussi noir qu’un cauchemar sans espoir, presque digne d’un corbeau (clic)  anéantissant d’Edgar Poe : Il va, c’est sur, nous tomber sur la tête et nous écrabouiller.

Mais, les nuages ne percent même pas, n’évacuent pas leur chagrin, ne pleurent pas, ils stagnent et demeurent.

Mais, derrière leur sombritude brille une lueur.

Je prononce les mots magiques « ô sole mio rock me on « , je soulève un pan du rideau et derrière c’est le cadeau !  Le soleil malicieux m’accueille d’un clin d’œil complice ♪ ♫ ♪ ♪ ♫ Mes pensées automnales se font la malle ♪ ♫ ♪ ♪ ♫

C’est tellement bon de connaitre une formule pour faire apparaître la joyeuseté.