En passant

la vache qui chante Mâ

Photos envoyées par ma sœur actuellement en Inde

La Vache maigre est une période de pénurie pour nous. Mais dans l’hindouisme, la vache symbolisant la mère universelle est vénérée. Il est interdit pour un Indien de consommer sa viande, de frapper, de contraindre, ou d’insulter l’animal. C’est pour cela aussi, qu’il y a beaucoup de bouchons là bas : les vaches se promènent où bon leur semble, même sur les autoroutes, et il est impensable de les priver de leurs balades.

 

⋙ Quiz de culture générale : connaissez-vous la mythologie hindoue ?

Dans l’hindouisme, la vache est le symbole de la non-violence. Elle est associée à  Shiva, Indra et Krishna (figure dominante de l’hindouisme, ce dernier est avant tout un dieu pastoral )

Tout ce qui provient de la vache est sacré. Elle fournit lait, beurre, urine et bouse (pour purifier, ou comme combustible). Elle est une figure maternelle, source de vie.

Alors là bas pas de vaches engraissées puis abattues, ni bien entendu d’horribles corridas !!!

Le meuglement de la vache en Inde se traduit par « mâ »qui veut dire « maman » 

En passant

Bonjour Tristesse …

A la suite du suicide de Jean-Luc Godard, je me suis penchée sur la touchante Jean Seberg (1938-1979), actrice américaine héroïne d’ A bout de souffle » qui a débuté avec Otto Preminger dans Sainte Jeanne et Bonjour Tristesse de F. Sagan.

Elle est l’une des toutes premières actrices à faire entendre la voix des Noirs américains. Surveillée très étroitement par le FBI, à cause de ses liens avec les Black Panthers, sa vie intime étalée au grand jour sur de » grands journaux » minables, elle sera entraînée dans une dégringolade psychologique qui l’amènera après plusieurs tentatives de suicides et internements à un suicide réussi, mais non élucidé, en 79.

En 63 elle avait épousé l’écrivain Romain Gary (Emile Ajar) à la vie extraordinaire (sur laquelle je me suis également penchée) mais qui y mettra violemment fin quelques mois après celle de son ex-épouse, après avoir accusé ouvertement, sur la demande de leur fils Diego, le FBI de l’avoir détruite …

https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cab7901406801/deces-de-jean-seberg-l-accusation-de-romain-gary-contre-le-fbi.

En passant

La piogga nel pineto 🎶

Une poésie de 1902 de Gabriele d’Annunzio lue par Vittorio Gassman dans les années 70.

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Taci. Su le soglie del bosco non odo parole che dici umane, ma odo parole più nuove che parlano gocciole e foglie lontane.
Ascolta. Piove dalle nuvole sparse.
Piove su le tamerici salmastre ed arse, piove sui pini scagliosi ed irti, piove su i mirti divini, su le ginestre fulgenti di fiori accolti, su i ginepri folti di coccole aulenti, piove su i nostri volti silvani, piove su le nostre mani ignude, su i nostri vestimenti leggeri, su i freschi pensieri che l’anima schiude novella, su la favola bella che ieri t’illuse, che oggi m’illude, o Ermione.
Odi ?  La pioggia cade su la solitaria verdura con un crepitino che dura e varia nell’aria secondo le fronde più rade, men rade.
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Ascolta. Risponde al pianto il canto delle cicale che il pianto australe non impaura, né il ciel cinerino.
E il pino ha un suono, e il mirto altro suono, e il ginepro altro ancora, stromenti diversi sotto innumerevoli dita.
E immensi noi siamo nello spirito silvestre, d’arborea vita viventi; e il tuo volto ebro è molle di pioggia come una foglia, e le tue chiome auliscono come le chiare ginestre, o creatura terrestre che hai nome Ermione.
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Ascolta, Ascolta. L’accordo delle aeree cicale a poco a poco più sordo si fa sotto il pianto che cresce; ma un canto vi si mesce più roco che di laggiù sale, dall’umida ombra remota.
Più sordo e più fioco s’allenta, si spegne. Sola una nota ancor trema, si spegne, risorge, trema, si spegne.
Non s’ode su tutta la fronda crosciare l’argentea pioggia che monda, il croscio che varia secondo la fronda più folta, men folta.
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Ascolta. La figlia dell’aria è muta: ma la figlia del limo lontana, la rana, canta nell’ombra più fonda, chi sa dove, chi sa dove!
E piove su le tue ciglia, Ermione.
Piove su le tue ciglia nere sì che par tu pianga ma di piacere; non bianca ma quasi fatta virente, par da scorza tu esca.
E tutta la vita è in noi fresca aulente, il cuor nel petto è come pesca intatta, tra le palpebre gli occhi son come polle tra l’erbe, i denti negli alveoli son come mandorle acerbe.
E andiam di fratta in fratta, or congiunti or disciolti (e il verde vigor rude ci allaccia i melleoli c’intrica i ginocchi) chi sa dove, chi sa dove!
E piove su i nostri volti silvani, piove su le nostre mani ignude, su i nostri vestimenti leggeri, su i freschi pensieri che l’anima schiude novella, su la favola bella che ieri m’illuse, che oggi t’illude, o Ermione.
En passant

Alexandre Neverov « Je veux vivre »

Il était un écrivain russe (1886-1923) décédé à 37 ans l’année de la publication de sa nouvelle très émouvante, peut être autobiographique, dans laquelle un soldat de la révolution monologue pendant sa « pause », nouvelle trouvée dans https://bibliotheque-russe-et-slave.com/index1.html. 

Nous sommes au repos dans le village de la Steppe. Je suis assis près de l’Izba et je caresse le dos d’un grand chien aux longs poils rugueux. Il n’est pas beau, mais la longue laine de son dos est toute chauffée par le soleil, et il m’est agréable de rester assis penché vers lui. Du toit tombent sur mon épaule des gouttes d’eau. Dans l’arrière-cour les oies lancent des cris par saccades. Un poulain hennit d’une voix fluette, des poules gloussent.

Devant les fenêtres se dressent des canons dételés, étirant leur cou d’acier froid. Les chevaux couverts de sueur mâchonnent du foin. Je suis assis, la tête au soleil d’avril, je regarde la toile d’araignée déchiquetée des nues qui voguent au-dessus de la terre dégelée et noircie. Mes oreilles ne sont pas devenues sourdes à cause des coups de canon, j’entends comment des oies lancent des cris par saccades, comment les poulettes gloussent gaiement, comment les gouttes tombent doucement sur mon épaule.

Ceci est mon printemps de campagne guerrière. Peut-être le dernier. J’épie le frôlement, les cris, qui saluent le jeune printemps. Mon cœur s’agite.

À la maison j’ai une femme et deux enfants. Une chambrette, des oreilles fines, aux aguets, qui épient les pas tardifs sur l’escalier. On m’y attend. Peut-être m’ont-ils enterré depuis longtemps.

Tout en regardant le ruisselet sous mes pieds, les moineaux qui sautillent, je vois mon fils Seriojka avec ses joues pâles et anémiques ainsi que la petite Nionschka et son petit ruban bleu ciel dans ses cheveux couleur or. Ils sont assis sur le bord de la fenêtre serrés l’un contre l’autre et ils regardent à travers les vitres qui dégèlent. Ils me cherchent parmi les passants, ils attendent le moment où je viendrai et les mettrai sur mes genoux. Et les deux petits museaux affligés remplissent mon cœur d’amertume.

Je retire de ma poche une lettre vieille, longtemps relue, envoyée de chez moi. Ma femme me console « Je ne pleure pas, tiens ferme, toi aussi » Et avant mon départ, elle me disait: Pourquoi y vas-tu volontairement? As-tu assez de la vie?

Je craignis qu’elle ne puisse pas comprendre mon amour pour la vie, et je réponds: Je dois aller et j’irai… voilà pour eux, pour les petits gosses. Les larmes roulèrent sur ses joues. Elles contenaient le chagrin, l’amour et la souffrance, mais mes jambes ne tremblaient pas. Maintenant elle m’encourage : Ne crains pas pour nous, je suis endurante, je supporterai tout…

Puis, une lettre de Seriojka. Il ne sait pas former les lettres, et il a mis un tas de petits bâtonnets, queues, crochets, boucles et un petit buisson hérissé sans feuillage. En dessous l’explication de sa mère : Comprends comme tu veux! Je comprends les caractères de Seriojka.

J’ai lu sa lettre la première fois au moment où nous allions à l’attaque, et ces bâtonnets et les petites queues me regardèrent avec des yeux chéris, encourageants. Je les embrassai furtivement, pour que les copains ne rient pas et ayant tâté mon fusil, je dis : Va, père !

Et à présent je pense de même. Je marche vers la mort ni par ennui, ni parce que j’ai assez de la vie. J’ai une forte envie de vivre. Je suis troublé et par ce large espace de printemps, et par les matins et les soirs pleins de calme, et par le vol lointain des cigognes, et par le murmure des ruisseaux dans les ravins. J’embrasse d’un regard plein d’amour chaque petit nuage, chaque arbrisseau, et je marche quand même vers la mort… Je vais à la mort, fermement et calmement. Elle vole à ma rencontre dans les obus de l’artillerie, qui déchirent la terre dégelée et noircie, et dans les fréquents coups de feu, qui éclatent avec une petite fumée bleue. Je la vois, m’épiant derrière chaque monticule de terre enveloppé par la pénombre du soir, et je marche quand même sans hésiter.

Je marche à la mort parce que je veux vivre.

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En passant

La coquette « Didier Daeninckx »

Les jurés tour à tour prêtèrent serment puis le président de la cour d’assises donna la parole au greffier pour la lecture de l’arrêt de renvoi et de l’acte d’accusation. Assis entre deux gendarmes impassibles Christian Eril se contentait de hocher la tête au rappel des faits dont l’enchaînement l’avait conduit à tuer Noémie Virel. Lors de l’appel des témoins, il se permit de faire quelques signes d’amitié et même de sourire, à des amis qui détournaient le regard, gênés par cette indécente manifestation de complicité. Il semblait comme étranger à cette assemblée qui allait pourtant décider de son sort et son détachement intriguait le public qui s’interrogeait depuis des mois sur l’apparente gratuité de son geste.

Le coup de coude d’un des gendarmes dans les côtes du prévenu  souligna l’injonction du président.
Accusé, levez-vous!
Le juge attendit que le brouhaha s’apaise et laissa le temps s’appesantir sur la salle surchauffée avant de commencer l’interrogatoire.
Vous êtes Christian Eril, Alain, Jules, Antoine. Vous êtes né le 28 avril  1947 à Montpellier. Après des études de médecine contrariées, vous exercez le métier d’aide-vétérinaire dans le cabinet Marquisio à Paris, avant d’effectuer votre service militaire au 8e régiment de chasseurs alpins. Le crime qui vous est reproché a justement eu lieu le lendemain d’une réunion d’anciens appelés. C’est bien ça ?

Il prit appui sur le dossier du banc des avocats.
Oui, je fais partie de l’amicale, et nous nous retrouvons tous les ans, à la même époque dans un restaurant de Montmartre, Au Petit Savoyard. Il est tenu par un ancien chasseur alpin qui fait une des meilleures fondues de tout…
Le président fit cesser les rires d’un «s’il vous plaît» On peut éviter les détails culinaires. Que s’est-il exactement passé au cours de ce repas?

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En passant

Charles Bukowski « Blue Bird »

Charles Bukowski (1920-1994) Last Night of the Earth Poems(1992)

(Je n’ai pas trouvé ce poème lu par lui même sans musique🤨 )

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Il y a dans mon cœur un oiseau bleu qui veut sortir mais je suis trop coriace pour lui, je lui dis, reste là, je ne veux pas qu’on te voie.

Il y a dans mon cœur un oiseau bleu qui veut sortir mais je verse du whisky dessus et inhale une bouffée de cigarette et les tapins et les barmen et les employés d’épicerie ne savent pas qu’il est là.

Il y a dans mon cœur un oiseau bleu qui veut sortir mais je suis trop coriace pour lui, je lui dis, tiens-toi tranquille, tu veux me fourrer dans le pétrin ?
Tu veux foutre en l’air mon boulot ?
Tu veux faire chuter les ventes de mes livres en Europe ?

Il y a dans mon cœur un oiseau bleu qui veut sortir mais je suis trop malin, je ne le laisse sortir que de temps en temps la nuit quand tout le monde dort.
Je lui dis, je sais que tu es là, alors ne sois pas triste.

Puis je le remets, mais il chante un peu là-dedans, je ne le laisse pas tout à fait mourir.
Et on dort ensemble comme ça liés par notre pacte secret et c’est assez beau pour faire pleurer un homme, mais je ne pleure pas, et vous ?

En passant

Lui, au moins il était sincère mais aussi rigolo…pas comme certains ostrogoths 🤨

« J’appelle les fainéants, les crasseux, les drogués, les alcooliques, les pédés, les femmes, les parasites, les jeunes, les vieux, les artistes, les taulards, les gouines, les apprentis, les Noirs, les piétons, les Arabes, les Français, les chevelus, les fous, les travestis, les anciens communistes, les abstentionnistes convaincus, tous ceux qui ne comptent pas pour les hommes politiques à voter pour moi, à s’inscrire dans leurs mairies et à colporter la nouvelle.
Tous ensemble pour leur foutre au cul avec Coluche.
Le seul candidat qui n’a aucune raison de vous mentir ! 

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Candidature_de_Coluche_lors_de_l%27%C3%A9lection_pr%C3%A9sidentielle_fran%C3%A7aise_de_1981

En passant

Blood

du recueil Lune de miel en enfer ( 1954) de Frédric Brown

Dans leur machine à voyager à travers le temps, Vron et Dreena, les deux derniers survivants de la race de vampires, fuyaient vers le futur pour échapper à l’anéantissement. Ils se tenaient les mains pour se réconforter mutuellement. Ils avaient peur et ils avaient faim.
Au XXIIème siècle, l’humanité avait découvert que la légende des vampires vivant secrètement parmi les humains n’était pas le moins du monde une légende, mais la réalité. Il s’en était suivi une extermination en masse qui avait épargné ce couple. Tous deux travaillaient à inventer une machine à voyager dans le temps, et ils l’avaient terminée juste assez tôt pour pouvoir s’échapper. S’échapper en direction du futur, assez loin pour que le mot même de vampire fût oublié, pour pouvoir vivre de nouveau insoupçonnés.
J’ai faim, Vron. Comme j’ai faim !
Moi aussi, Dreena, mon amour. Bientôt nous nous arrêterons.

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En passant

Les Chats de Jacques Sternberg

Petite nouvelle tirée de ses « 188 contes à régler »

On s’était si souvent demandé, et depuis longtemps, à quoi les chats pouvaient bien penser.

Chats Rigolos Mis Illustration De Dessin Animé | Vecteur Premium

Tapis au plus profond de leur solitude, enroulés autour de leur chaleur, comme rejetés dans une autre dimension » distants, méprisants » ils avaient l’air de penser, certes.

Mais à quoi ?

Les hommes ne l’apprirent qu’assez tard. Au XXIe siècle seulement. Au début de ce siècle, en effet, on constata avec quelque étonnement que plus aucun chat ne miaulait. Les chats s’étaient tus. On n’en fit pas un drame. En fin de compte, les chats n’avaient jamais été tellement bavards : sans doute ne trouvaient-ils vraiment plus rien à dire à présent.

Puis, plus tard, on releva un autre fait. Plus singulier celui-là, beaucoup plus singulier, les chats ne mouraient plus. Quelques-uns mouraient évidemment par accident, écrasés par un véhicule, le plus souvent; ou emportés en bas âge par quelque maladie purement pernicieuse. Mais les autres évitaient la mort, lui échappaient, comme si cette fatale échéance n’avait plus existé pour eux.

Cette énigme, personne ne la perça jamais. Lire la suite

En passant

La jeune fille et le vieux 🐷d’Alphonse Allais

Il y avait une fois une jeune fille d’une grande beauté amoureuse d’un cochon.
Éperdument !
Non pas un de ces petits cochons jolis, roses, espiègles, de ces petits cochons qui fournissent au commerce de si exquis jambonneaux. Non!
Mais un vieux cochon, dépenaillé, ayant perdu toutes ses soies, un cochon dont le charcutier le plus dévoyé de la contrée n’aurait pas donné un sou. Un sale cochon, quoi !
Et elle l’aimait… fallait voir !
Pour un empire, elle n’aurait pas voulu laisser aux servantes le soin de lui préparer sa nourriture.
Et c’était vraiment charmant de la voir, cette jeune fille d’une grande beauté, mélangeant les bonnes pelures de pommes de terre, le bon son,les bonnes épluchures, les bonnes croûtes de pain. Elle retroussait ses manches et de ses bras (qu’elle avait fort jolis), brassait le tout dans de la bonne eau de vaisselle.
Quand elle arrivait dans la cour avec son seau, le vieux cochon se levait sur son fumier et arrivait trottinant de ses vieilles pattes, et poussant des grognements de satisfaction, il plongeait sa tête dans sa pitance et s’en
fourrait jusque dans les oreilles.
Et la jeune fille d’une grande beauté se sentait pénétrée de bonheur à le voir si content. Et puis, quand il était bien repu, il s’en retournait sur son fumier, sans jeter à sa bienfaitrice le moindre regard de ses petits yeux miteux.
Sale cochon, va !

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