Mes poches trouées

C’est une autre époque . Je vis à Londres , je me nourris principalement de rock et de fish and chips. Entre deux boulots précaires, je passe quelques semaines, en hiver, sans un sou.

L’unique solution pour manger, car faire la manche c’est chiant , je refuse de me prostituer, ou de me faire entretenir, est de voler .Pour quelques pounds dans un second hand shop je m’offre un long manteau doublé. 
Clic, clac, je coupe la doublure des poches, et voilà  l’affaire est dans le sac .
L’air de ne pas y toucher, hop,  j’empoche dans les grandes surfaces de la nourriture, et personne ne remarque le bas de mon caban gonflé à bloc .
Mais, dénoncée un jour par une balance, et ridiculement soulevée par le col de mon outil de travail par un immense bobby , je me retrouve une nuit au trou, entourée d’adorables prostituées qui me réconfortent de gentilles paroles et de cigarettes.
J’ai droit à un petit procès le lendemain . Menacée d’expulsion , je pleure comme une madeleine. Mes larmes attendrissent le juge débonnaire qui me rend ma liberté .
Et, vroum , je repars à plein gaz …..
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30 réflexions sur “Mes poches trouées

      • oui, c’est du vrai pas enjolivé Roger le chirurgien et Gilles son élève panseur 🙂
        je me souviens sans nostalgie aucune de ces moments , avec un grand plaisir et un grand sourire …car quand on est nostalgique , on souffre, non ?
        je me suis bien marrée , et je me marre encore quand je pense à ça , les mauvais souvenirs j’essaye de les garder pour moi …
        Je vous raconterai encore de mon vécu rigolo …

          • ẄWẄ dit :

            Je suis allée à Londres, j’ai eu faim moi aussi… mais c’est parce que la bouffe était infecte!

          • j’ai travaillé dans la bouffe là bas, et si tu enlèves les spaghettis en boite, les baked beans en boite, les boites de sauces dégueues, les fromages en boites, les boites de toutes sortes, il y a de très originaux ragouts, une grande variété de craquants toasts, de délicieux gâteaux, et d’excellentes bières !!! 🙂

          • oui , je squattais les HLM de Londres, et une image dure (entre autres) de cette époque est restée dans ma tête : celle de pauvres messieurs âges qui dormaient dans des cartons en plein hiver devant l’ANPE Londonienne 😦 moi, j’étais jeune, bilingue, et je retrouvais toujours du taf

  1. Oh lala dur dur , dis donc, c’est pas mieux qu’à Paris alors,
    maintenant c’est encore pire avec tous les vigiles planqués partout
    tu crèverais de faim ma tite Juju.
    J’adore le croquis superbe.
    Bon à part ça j’ai plus de voix, je crois que je subis une mutation
    même ma perruche à la trouille hiiii !!

  2. Quand la faim nous tenaille…et qu’on est sur la paille…on se retrouve parfois au trou …mais…jouer du violon…devient alors une solution…bonne soirée, Juliette!

  3. Je suis sure que tu ne seras pas etonnee si je te dis que  » a une autre epoque  » aussi, j’ai vecu des aventures bien similaires….
    bisoux du dimanche soir…

  4. Les oiseaux parlent ! dit :

    tiens, je te les ai raccomodées, sinon tu vas perdre tes richesses !
    Bizettes
    Miss Pouet
    Fr@ne

  5. tellement originale not’Juju qu’elle va jusqu’à organiser un pique nique au « trou » 😉
    Parfois , quand on regarde notre parcours on s’étonne soi même , heing?! 🙂
    Bizzz et pan bagna

  6. Bref,
    Tu t’en allais, les poings dans tes poches crevées,
    Ton paletot aussi devenait idéal…
    (pardon pour le plagiat, Arthur,..).

    Je n’ai connu l’Angleterre que pendant un séjour linguistique dans une famille. La bouffe était surprenante et je me gavais de crèmes glacées en dehors. Pris du poids.

  7. Je suis allé à Londres il y a quelques années, je n’y ai pas trop mal mangé. Disons que j’ai mangé économique… Sinon le rock et le fish and ships sont une bonne façon de survivre, hé hé…
    Bonne soirée.
    .

    • on trouve encore je pense, des snack bars, des petits restaurants indiens, chinois dans les quartiers populaires ou pas trop mal se nourrir pour pas trop cher et encore des pubs avec du rock !

  8. un vieux souvenir ? et une bonne astuce pour de petits larcins en ces temps de difficultés de toutes sortes, par contre attention à la sortie , aïe ! aÏe ! aïe ! ça doit biper de partout sous la doublure !
    bon courage à toi, tite juliette, bisoutinous

  9. avant il n’y avait pas de bips bips dans les supermarchés, Janick, ni de caméras, quelques surveillants et peut être des miroirs ? c’était chose facile que de se ravitailler dans les rayons …j’en connais un rayon 🙂

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