Le portrait vivant

Elle termine de crayonner le portrait de l’homme qu’elle a  côtoyé  un moment ce soir  dans le métro, un visage aux grands yeux noirs charmeurs qui l’ont envahie. Elle pose son dessin sur la table de chevet, se couche. Mais, elle ne peut pas s’endormir car les yeux de son dessin s’agitent, vivent,  la pénètrent, la câlinent, lui murmurent  des mots tendres.

Sa nuit s’écoule heureuse. Une nouvelle journée passe, une nouvelle nuit tombe, elle sommeille, le regard vivant amoureusement posé sur elle … Les jours défilent, elle ne vit plus que dans l’attente de ses nuits de rêve .
Quelques temps après, leurs vies se croisent à nouveau, dans le métro, mais, cette fois ci il est accompagné d’une jeune femme. Pendant de longs instants, leurs regards s’accrochent, ne se quittent pas, ont un mal affreux à se séparer.
Elle ne trouve pas le sommeil, contemplée par le portrait dont les grands yeux noirs sont remplis de larmes de regrets.

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20 réflexions sur “Le portrait vivant

  1. tuffette dit :

    iiiiiihh!!!!!!!! c’est quoi c’t’alien que tu m’as refourgué en avatar , là?!!! comment t’as fait ça Juju???

  2. C’est beau…beau… toutes ces nuits veillées par le dessin ..
    Et puis … le voilà prisonnier d’une belle ..mais conscient tout de m^me d’avoir fait mal…
    j’aime cette histoire..ouf..il a pleuré..

  3. C’est (encore) la chanson de Brassens LES PASSANTES sur un poeme d’Antoine Paul :

    Je veux dédier ce poème
    A toutes les femmes qu’on aime
    Pendant quelques instants secrets
    A celles qu’on connait à peine
    Qu’un destin différent entraîne
    Et qu’on ne retrouve jamais

    A celle qu’on voit apparaître
    Une seconde à sa fenêtre
    Et qui, preste, s’évanouit
    Mais dont la svelte silhouette
    Est si gracieuse et fluette
    Qu’on en demeure épanoui

    A la compagne de voyage
    Dont les yeux, charmant paysage
    Font paraître court le chemin
    Qu’on est seul, peut-être, à comprendre
    Et qu’on laisse pourtant descendre
    Sans avoir effleuré sa main

    A la fine et souple valseuse
    Qui vous sembla triste et nerveuse
    Par une nuit de carnaval
    Qui voulu rester inconnue
    Et qui n’est jamais revenue
    Tournoyer dans un autre bal

    A celles qui sont déjà prises
    Et qui, vivant des heures grises
    Près d’un être trop différent
    Vous ont, inutile folie,
    Laissé voir la mélancolie
    D’un avenir désespérant

    Chères images aperçues
    Espérances d’un jour déçues
    Vous serez dans l’oubli demain
    Pour peu que le bonheur survienne
    Il est rare qu’on se souvienne
    Des épisodes du chemin

    Mais si l’on a manqué sa vie
    On songe avec un peu d’envie
    A tous ces bonheurs entrevus
    Aux baisers qu’on n’osa pas prendre
    Aux cœurs qui doivent vous attendre
    Aux yeux qu’on n’a jamais revus

    Alors, aux soirs de lassitude
    Tout en peuplant sa solitude
    Des fantômes du souvenir
    On pleure les lêvres absentes
    De toutes ces belles passantes
    Que l’on n’a pas su retenir

  4. écrit excellent comme d’habitude.
    dis moi juliette, merci de veiller sur moi et ma petite cervelle de moineau, je ne savais pas qu’il fallait valider les commentaires, maitenant j’y veillerais. Je sentais que tu t’agaçais un peu de voir ou pas tes commentaires sur mon blog. Ha, juliette que ferons-nous sans toi ?!
    merci et bisoutinous

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